Le marché européen du carbone fait baisser les émissions de CO2 (étude)

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co2En plein sommet de Copenhague, voilà un rapport qui devrait intéresser les négociateurs. Souvent décrié, le système européen d’allocations et d’échange de quotas de C02 est efficace pour réduire les émissions, selon une étude menée auprès de 13 énergéticiens européens parmi les plus importants (représentant plus de 50% des émissions du secteur), par le cabinet d’études britannique New Energy Finance. Ils les poussent à fermer leurs centrales les plus polluantes, à investir davantage dans des modes de production propres, comme la biomasse, ou à s’intéresser aux technologies de captage et stockage du CO2 pour les centrales à charbon.

Mis en place par l’Union européenne en 2005, le dispositif ETS (Emissions trading scheme) concerne quelque 12 000 installations (centrales de production d’électricité, sites industriels les plus émetteurs de CO2…) : elles reçoivent des quotas d’émissions à ne pas dépasser. Un marché du carbone permet des échanges entre celles qui ont des surplus et celles qui en manquent. L’Europe est pour l’instant la seule à disposer d’un  marché du carbone à cette échelle, mais d’autres pays devraient lui emboîter le pays, notamment les Etats-Unis et le Canada.

Si le prix de la tonne de CO2 n’est pas suffisamment élevé (il est aujourd’hui de 14,3 euros la tonne sur BlueNext) pour pousser radicalement les entreprises à revoir leurs modes de production, il les incite néanmoins à investir dans des projets plus « verts » pour les prochaines années.

Une baisse des émissions d’ici 5 à 10 ans

85% des énergéticiens interrogés intègrent un prix du carbone « positif » dans leurs décisions d’investissement. Ceux qui parient sur un prix du carbone à zéro se trouvent plutôt dans les pays d’Europe de l’est et sont encore peu familiarisés avec le dispositif ETS, d’après le rapport.

Compte-tenu de l’impact du prix du carbone sur les investissements dans de nouveaux modes de  production, les émissions devraient commencer à vraiment baisser d’ici à 5 à 10 ans, souligne New Energy Finance.

Alors que le principe d’allocations de quotas est souvent critiqué par les industriels pour son impact sur les coûts de production et que le marché du carbone a été victime de fraude ces derniers mois, ce rapport devrait rassurer les défenseurs de l’ETS. Une nouvelle étape doit être franchie en 2013 avec des contraintes plus fortes pour les entreprises et l’intégration de nouveaux secteurs (comme l’aérien) dans le dispositif.