Les entreprises s’inquiètent d’un échec à Copenhague (étude)

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cop15Un échec du Sommet de Copenhague, qui démarre lundi prochain, pourrait menacer l’activité économique, selon une étude * réalisée par le cabinet d’avocats Norton Rose auprès de responsables d’entreprises internationales.

79% des professionnels interrogés estiment que leur activité souffrira en cas d’échec. Les entreprises ont, en effet, besoin de connaître la future réglementation sur la lutte contre le réchauffement climatique le plus en amont possible pour fixer leur stratégie et leurs investissements. « Plus le temps passe, plus l’effort à produire pour atteindre les objectifs sera important, et donc coûteux », résume Anthony Hobley, avocat associé chez Norton Rose à Londres.

Pessimisme ambiant

Et les entreprises ne sont guère optimistes : 72% estiment que le Sommet aboutira à un compromis acceptable, avec l’ébauche d’un cadre général pouvant faire figure de succès partiel. Seuls 2% s’attendent à un plein succès et 26% redoutent un échec. Comme beaucoup d’experts, les  leaders économiques estiment qu’il faudra poursuivre les négociations et attendre 2010 pour finaliser un accord sur un nouveau cadre réglementaire.

A qui la faute ? Pour 70% des personnes interrogées, la position américaine reste le principal obstacle à surmonter. Le gouvernement Obama a certes préparé un projet de loi sur l’énergie, avec des mesures de réduction des émissions de CO2, mais celui-ci n’a pas encore été adopté par le Congrès, ce qui risque de l’empêcher de pouvoir s’engager sur des positions fortes à Copenhague. L’administration américaine se souvient des leçons du passé : en 1997, les Etats-Unis, sous la présidence Clinton, ont signé le Protocole de Kyoto, mais le Congrès n’a pas voulu le ratifier.

Les Etats-Unis, premier émetteur de CO2 de la planète par habitant, ont récemment annoncé qu’ils mettraient sur la table des négociations un objectif de 17% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020, par rapport à 2005. Ce qui équivaut, par rapport à 1990 (la référence choisie par la plupart des pays), à une réduction de seulement 4% en 2020 – alors que l’Union européenne prévoit une baisse d’au moins de 20% en 2020.

Le deuxième frein évoqué dans l’enquête de Norton Rose est la position des Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine), dont la croissance s’appuie très largement sur les énergies fossiles.

* : enquête réalisée entre le 2 et le 13 novembre 2009 auprès de 114 responsables en charge de l’environnement dans des entreprises internationales du monde entier (dont 30% au Royaume-Uni).