Le marché prometteur du captage du CO2 (étude)

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Même sans accord contraignant à Copenhague, la technologie du captage et stockage du CO2 (CSC) termine 2009 sur un bilan plein de promesses. Et son avenir s’annonce radieux : elle pourrait représenter un marché de 128 milliards de dollars en 2030, selon une étude du cabinet américain Pike Research. Voire même de 221 milliards de dollars à cette échéance, si la réglementation sur les émissions de CO2 est renforcée.

Le CSC consiste à isoler le carbone contenu dans les gaz émis par les grands sites industriels et les centrales électriques (au charbon ou au gaz, surtout), à le transporter puis le séquestrer dans le sous-sol, par exemple dans des poches naturelles à grande profondeur, d’où il ne devrait plus présenter de danger pour la planète.

Encore au stade de l’expérimentation, cette technologie est la seule solution pour réduire les émissions de nombreux sites gros émetteurs de CO2, et notamment des centrales à charbon qui, à ce jour, dominent encore la production d’électricité dans de multiples pays, comme la Chine.

Une technologie coûteuse

Plusieurs technologies de CSC sont actuellement testées, mais aucune n‘est encore au stade commercial et surtout elles sont très coûteuses. Selon Pike Research, ajouter un dispositif de CSC sur une centrale existante ou future augmente de 50 à 70% les coûts de production de l’électricité.

Le CSC pourrait atteindre le stade de la commercialisation à l’horizon 2016, selon un autre rapport du cabinet Emerging Energy Research. A condition toutefois que les expérimentations en cours soient suffisamment probantes et que les gouvernements subventionnent des projets.

Sur ce plan financier, les choses bougent. L’Union européenne vient de débloquer une enveloppe d’un milliard d’euros pour aider six projets expérimentaux de CSC en Europe : 1 en Allemagne, 1 en Italie, 1 en Pologne, 1 aux Pays-Bas, 1 au Royaume-Uni, 1 en Espagne.

De leur côté, les Etats-Unis ont prévu d’investir 3,4 milliards de dollars dans des projets de CSC dans le cadre du plan de relance de l’administration Obama.

Mais cela pourrait cependant ne pas suffire : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a calculé qu’il faudrait 42 milliards de dollars pour développer les technologies de captage et stockage d’ici à 2020.