Kouchner hisse la banque au cœur de Copenhague

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A l’heure du Sommet de Copenhague, les politiques cherchent par tous les moyens à boucler le volet « financement » de la lutte contre le changement climatique. Un vrai casse-tête, alors que les pays développés, lourdement endettés par leurs plans de relance de l’économie, n’ont pas d’autre choix que de solliciter des financements privés.

Jugée insolente par d’aucuns, la bonne santé retrouvée des banques éveille les appétits des gouvernements. Les projets de taxation font florès, comme en Belgique.

Et voilà donc les banques en première ligne, visées par Bernard Kouchner.

Depuis plusieurs mois, le ministre des Affaires étrangères français défend activement un prélèvement de 0,005% sur les transactions financières, dont une partie serait allouée à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement. La collecte pourrait atteindre jusqu’à 35 milliards de dollars, selon les estimations.

Le projet de taxe sur les services financiers a été remis au goût du jour par Gordon Brown lors du G20 Economie de novembre 2009. Missionné par le G20, le FMI doit remettre un rapport au printemps 2010, qui étudie la faisabilité et les modalités de mise en place d’une telle taxe.

« Ce projet attise des convoitises, tout le monde a les yeux brillants, et utiliser cet argent pour assurer le système financier, il faut y penser », a dit M. Kouchner, « mais la priorité, c’est de lutter contre la pauvreté ! »

Cette prise de position pose, encore une fois, la question de l’efficacité de la réglementation, comparée à celle des marchés. Oui, les pays en développement ont besoin de fonds pour accomplir une profonde mutation économique et industrielle. Non, l’aide au développement actuelle ne suffit pas.

Mais n’est-il pas discutable d’imaginer taxer des acteurs économiques qui jouent un rôle fondamental dans le financement de l’économie, alors même que l’efficacité de l’aide au développement ne cesse d’être mise en doute ?

Annick Maroy