Revolt Technology veut battre le lithium-ion

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revoltRevolt Technology, une société suisse créée en 2004, vient d’annoncer avoir mis au point une batterie basée sur la technologie zinc-air capable de stocker trois fois plus d’énergie que des batteries au lithium-ion, pour un prix divisé par deux.

A l’origine, Revolt est le fruit de six années de R&D réalisées par un centre de recherche norvégien spécialisé dans le CO2, Sintef. Après avoir levé 24 millions d’euros entre 2005 et 2008 et développé ses activités en Irlande, en Allemagne et aux Etats-Unis, la société a annoncé en juillet dernier un partenariat avec le chimiste allemand BASF pour accélérer le développement et la commercialisation de ses batteries.

Le marché prometteur des batteries pour véhicules électriques est âprement disputé. Et pour cause, la Deutsche Bank estimait en 2008 qu’il pourrait atteindre trente à quarante milliards de dollars en 2020.

Plusieurs technologies s’affrontent. Le lithium-ion, qui sera notamment développé par Renault dans sa future usine de Flins (Yvelines), a pris une longueur d’avance. Mais des alternatives existent. Le groupe Bolloré mise ainsi sur la technologie du lithium-métal-polymère pour sa voiture électrique BlueCar.

L’air au cœur des batteries

La technologie zinc-air de Revolt peut-elle bouleverser ce marché naissant ? Elle permet de générer de l’énergie grâce à l’oxygène présent dans l’air. A l’intérieur de la batterie se trouve une électrode poreuse qui attire l’oxygène. Par des procédés chimiques, une oxydation se réalise ensuite au contact d’une électrode de zinc et génère un courant électrique. Pour la recharge, le procédé inverse se réalise, selon la société.

Avantage de ce procédé breveté, la batterie reste stable. Ce qui n’est pas le cas du lithium-ion qui présente des risques de surchauffe ou même d’explosion en raison de la présence de matériaux volatils.

Problème de longévité

Mais le point faible de la batterie de Revolt pourrait être sa longévité. Après une centaine de cycles de recharge, l’électrode qui attire l’air fatigue et la batterie peut se dessécher ou se dégrader au niveau du zinc.

En travaillant sur ces lacunes, la société compte porter la durée de vie de ses batteries entre trois cents et cinq cents charges. Et à terme, elle compte mettre au point une batterie s’inspirant des piles à combustible, capable de tenir de 2 000 à 10 000 charges. A titre de comparaison, les technologies plus éprouvées comme le lithium-ion  affichent aujourd’hui une durée de vie moyenne de 1 000 charges.

Reste enfin à vérifier les performances prometteuses de cette nouvelle batterie au stade de l’industrialisation.

Alexandre Simonnet