Eco-conduite : les entreprises commencent à s’y intéresser

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L’éco-conduite dans les entreprises et les collectivités a le vent en poupe. Mobigreen, la toute jeune filiale de La Poste créée en janvier dernier et qui propose des services de conseil et de formation à l’éco-conduite, prévoit de réaliser un chiffre d’affaires d’un million d’euro pour sa première année.

Et cette start-up de 10 salariés envisage de doubler ce chiffre dans les 18 prochains mois selon Pascale Cozon, sa Présidente. Le service s’adresse principalement aux organisations disposant de flottes de véhicules importantes.

20% d’économie de carburant

L’éco-conduite, c’est un changement de comportement au volant, sans perte de temps observée. Elle consiste à comprendre comment la voiture consomme de l’essence pour éviter de lui en faire brûler beaucoup.

Concrètement, les économies potentielles sont de l’ordre de 20% en moyenne sur la facture de carburant. C’est également 20% en moins de rejet de CO2 et une baisse de 10 à 15 % des accidents. La durée de vie de certains équipements de la voiture est augmentée, à l’image des pneus ou des plaquettes de frein. Le conducteur est également moins stressé, selon les formateurs.

Conduire en connaissance de cause

Lors des formations Mobigreen, un économètre mesure instantanément pendant la conduite un panel d’informations : consommation instantanée, consommation au 100 km, consommation totale, CO2 rejeté, etc. Le conducteur comprend tout de suite là où la voiture brûle le plus d’essence et apprend à agir en conséquence.

Ensuite, il faut adapter la conduite : éviter d’utiliser le moteur dans son régime haut (supérieur à 2500 t/min), utiliser activement le frein moteur, ne pas hésiter à rouler en cinquième à 50 km/h en ville pour les voitures modernes. Enfin, autre recommandation : vérifier mensuellement la pression des pneumatiques et régulièrement l’état du filtre à air.

Le marché sort de sa niche

A l’image des clients de Mobigreen, comme EDF, ERDF, la SNCF, Dalkia, Deloitte, mais aussi Nantes Métropole, la Préfecture du Languedoc Roussillon ou encore la Région Alsace, la demande de formation à l’éco-conduite est croissante.

Et l’offre s’étoffe. Bureau Veritas Formation, le groupe Promotrans, le Réseau Formation ou encore Securitrans proposent également des formations à la conduite responsable.

Mais ce marché des organisations et entreprises décolle tout juste en France. Alors que paradoxalement, le monde des transports routiers connaît et applique l’éco-conduite depuis une vingtaine d’années dans l’Hexagone.

La France a pris un train de retard par rapport à ses voisins européens comme les pays scandinaves ou la Suisse, en avance dans le domaine.

13 millions d’économies pour La Poste

La Poste en a fait l’expérience. En 2007, l’entreprise publique décide d’expérimenter à grande échelle l’éco-conduite. Autrement dit, elle veut former ses 60 000 facteurs amenés à conduire un véhicule à quatre roues. Mais pour y arriver, elle se tourne vers le leader du secteur, le suisse ICP (Institut de Pédagogie de la Circulation) et son programme de formation Eco-Drive. Les premiers collaborateurs seront formés ainsi, avant de devenir ensuite eux-mêmes formateurs pour leurs collègues. C’est de cette expertise qu’est née Mobigreen.

D’ici fin 2009, tous les facteurs français concernés auront suivi une formation d’éco-conduite d’une journée. « Cette stratégie a déjà permis de réaliser 13 millions d’euros d’économies, selon Pascale Cozon, pour un budget transport de 800 millions d’euros par an ».

La Poste est la première entreprise européenne à former un nombre aussi important de salariés à l’éco-conduite, mais d’autres devraient lui emboîter le pas.

Alexandre Simonnet