La longue marche de la voiture électrique (étude)

FavoriteLoadingAjoutez cet article à vos favoris
Print Friendly, PDF & Email

reva2-thumb-400x266Les voitures électriques arrivent, mais leur percée ne sera peut-être pas aussi rapide que l’enthousiasme des gouvernements pourrait le laisser penser. Elles ne représenteront que 0,5% de la production mondiale en 2015, selon une estimation de PricewaterhouseCoopers Automotive Institute.

Alors que les annonces de véhicules électriques se multiplient (voir notre annuaire des voitures électriques) et que de nombreux gouvernements affichent des objectifs ambitieux, notamment en France, PwC relativise la ferveur actuelle.

Les experts du cabinet estiment que la production de véhicules 100% électriques atteindra environ 400 000 unités en 2015 pour près de 78 millions de véhicules à combustion, soit 0,5%. Le moteur à explosion a donc encore de l’avenir devant lui !

Plusieurs défis à surmonter

Plusieurs challenges majeurs demeurent. Tout d’abord, la question de la technologie, et surtout celle des batteries. Le Lithium-ion émergerait comme standard mais rien n’est encore arrêté. Le groupe Bolloré, par exemple, parie sur le lithium-métal-polymère et d’autres technologies existent. Les progrès pour améliorer la densité énergétique des batteries sont aussi un facteur clé.

Autre enjeu de taille : la question des infrastructures de recharge des batteries. Les projets pilotes de la start up américaine Better Place montrent que des réseaux de recharge tentent de se mettre en place, notamment en Israël et au Danemark. « Mais tout dépendra du comportement des métropoles », rappelle François Jaumain, associé du cabinet et expert environnement.

Pour le consommateur, reste aussi l’équation surcoût – amortissement d’un véhicule électrique. Selon un sondage PwC Allemagne/TNS, 56% des personnes interrogées souhaitent un amortissement en moins de trois ans alors qu’il se ferait sur quatre à huit ans, selon les experts du cabinet.

Dans ce contexte, le rôle des pouvoirs publics reste la pierre angulaire. Ils ont en mains plusieurs leviers : mesures d’incitation pour les consommateurs, fiscalité verte ou encore construction de champions industriels nationaux.

Avantage aux constructeurs japonais

Alors que tous les constructeurs multiplient les annonces, les programmes 100% électriques restent toutefois rares, selon PwC. Les motorisations hybrides devraient permettre d’assurer la transition technologique. Le cabinet estime d’ailleurs qu’elles occuperont 4,5% du marché en 2015, soit neuf fois plus que les motorisations 100% électrique.

En pointe dans l’hybride, les constructeurs japonais pourraient prendre une longueur d’avance sur les moteurs hybrides/électriques avec une projection de 48% de part de marché en 2015, selon PwC.

Les constructeurs traditionnels vont aussi être bousculés par l’arrivée de nouveaux entrants. Tesla aux Etats-Unis, Bolloré en France en sont des exemples. Les industriels asiatiques sont aussi très dynamiques, notamment chinois (BYD) et indiens (Reva, photo).

Plus symbolique encore, le marché des batteries est à ce jour dominé par l’Asie, avec des industriels ambitieux tels Sanyo et NEC, au Japon, Samsung SDI et LG Chem en Corée du Sud, et BYD en Chine.

Sur ce marché des batteries, les Français comme Saft et Bolloré cherchent aussi à se faire une place.

Les producteurs de batteries devraient en tout cas à terme faire leur entrer parmi les équipementiers automobiles, bouleversant les rapports de forces et les alliances.

Alexandre Simonnet