Vers un doublement de la production de biocarburants

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biocarburantsAccusés d’avoir fait flamber les prix des matières premières agricoles en mobilisant une partie des terres, les biocarburants continuent malgré tout à se développer. Leur production devrait même plus que doubler entre 2009 et 2015, selon une étude menée dans 35 pays et publiée par le Global Biofuels Center (GBC) du cabinet américain Hart Energy consulting. La production mondiale de biocarburants a déjà plus que triplé entre 2000 et 2008 et correspond à plus de 2% de la consommation mondiale de combustibles pour le transport, d’après la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Malgré les critiques sur la première génération, la production de biocarburants de nouvelle génération restera au second plan. Quelque 170 biocarburants de deuxième génération – à base d’éthanol cellulosique, de déchets, d’algues ou encore de bois donc supposés moins néfastes à l’environnement – sont actuellement en développement, mais seuls 30% devraient déboucher sur une exploitation commerciale d’ici à 2015, selon le GBC. C’est donc l’éthanol à base de canne à sucre, de maïs ou de colza ou encore le biodisesel issu d’huile de palme qui devraient continuer à dominer le marché.

Etats-Unis et Brésil en tête

Les Etats-Unis resteront le premier pays producteur du monde avec une croissance de leur utilisation de 35% d’ici à 2015. Au deuxième rang, le Brésil, dont le marché domestique devrait croître de 30% et qui devrait doubler ses exportations de biocarburants, dont il est déjà le premier exportateur mondial.

En 2008, la vente d’éthanol à base de canne à sucre a dépassé pour la première fois la vente d’essence au Brésil, selon l’Agence nationale du pétrole (ANP), en raison d’un prix moins élevé.  90% des voitures brésiliennes roulent indifféremment à l’essence ou à l’éthanol, ou à un mélange des deux.

L’étude souligne aussi que des pays comme la Malaisie et l’Indonésie devraient accroître leur production de biodiesel à base d’huile de palme.

En Europe, l’Allemagne restera le premier producteur de biocarburants mais de nouveaux acteurs apparaîtront dont la France, où les carburants « verts », mélangés à l’essence et au gazole classiques, représentent aujourd’hui près de 6% du total des carburants utilisés.

Deux programmes de recherche en France

La France va justement lancer un programme pilote de biodiesel de deuxième génération, appelé « BioTfuel ». Objectif : tester la fabrication de diesel et de kérosène à partir de biomasse, des résidus agricoles comme les coques de tournesol, de petits morceaux de bois…

Ce programme vient d’obtenir le soutien de l’Ademe et associe de nombreux partenaires publics et privés comme l’Institut français du pétrole (IFP), le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), les industriels des oléagineux (Sofiprotéol) ou le groupe Total, qui pourrait apporter 30% des fonds nécessaires au projet. L’investissement global devrait atteindre 112 millions d’euros sur cinq ans.

Un autre programme de recherche a déjà été lancé l’année dernière dans la filière essence : un projet de bioéthanol de deuxième génération, baptisé « Futurol », qui réunit une dizaine de partenaires.