En Espagne, d’anciens téléphones publics pour alimenter les voitures électriques

Print Friendly, PDF & Email

moveleSupplantés par les portables, une trentaine de téléphones publics de Madrid connaîtront une nouvelle jeunesse sous forme de bornes de recharge pour voitures électriques.

Cette initiative inédite fait partie du plan annoncé par l’Espagne pour aider les voitures électriques, baptisé Proyecto Movele : le gouvernement veut 2.000 véhicules dans les villes dans les 2 ans.

Il y consacrera 8 millions d’euros, surtout pour en subventionner l’achat à hauteur de 15% à 20% du prix. L’aide pourra aller de 750 euros jusqu’à 20.000 euros (!) pour l’achat d’un minibus électrique. Une berline standard pourra recevoir 7.000 euros de subventions. Ici la liste des modèles de voitures qui pourront en bénéficier.

En plus, 2,5 millions d’euros sont prévus pour des bornes de recharge. L’objectif est de créer 546 bornes dans 3 villes : Madrid, Barcelone et Séville.

Le ville de Madrid a décidé de recycler des téléphones publics qui sont souvent très bien placés, près des trottoirs. Mieux encore, ils sont dotés de leur propre alimentation électrique.

Bornes inventives
A Barcelone, le conseil municipal a conclu un accord avec la compagnie Endesa pour installer des bornes raccordées à des « réverbères intelligents » et prévoit d’en créer 191 dans les deux ans. Et les entreprises qui participent à des appels d’offres pour la municipalité gagneront des points si elles prouvent qu’elles utilisent les bornes.

Bien sûr, l’ambition de l’Espagne peut paraître modeste, mais bien plus proche et concrète que le million de voitures voulu par l’Allemagne en 2020. Les projets pilote de voitures électriques et bornes de recharge se multiplient, en particulier dans des villes en Grande-Bretagne, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Ainsi un programme de 11 millions de livres va permettre l’installation de bornes de recharge dans neuf première villes en Grande-Bretagne : Birmingham, Coventry, Glasgow, London, Middlesbrough, Milton Keynes, Oxford, Newcastle et Sunderland. Son promoteur, l’Energy Technologies Institute (ETI), organisme qui allie les pouvoirs publics à des sociétés privées, veut à terme créer un réseau national. La Grande-Bretagne veut avoir 50.000 voitures électriques sur les routes d’ici 2015.

Le projet pilote, baptisé Joined-Cities Plan, a satisfait le maire de Londres, Boris Johnson, qui souhaite pour sa ville 25.000 bornes de recharge. Car pour ces voitures électriques d’une autonomie souvent limitée, l’absence de bornes les rend inutilisables.

L’Allemagne va créer une Agence pour les voitures électriques : cette agence, qui regroupera les efforts publics, privés et de recherche, sera dotée de 44 millions d’euros, provenant du plan de relance de 81 milliards d’euros. Elle devra notamment coordonner les efforts d’une trentaine d’instituts de recherche.

Le mois dernier, Berlin a dit vouloir consacrer 500 millions d’euros pour subventionner la mise en place de stations de recharge et la recherche sur les batteries électriques. Daimler et la compagnie RWE vont tester des voitures électriques à Berlin fin 2009 dans un programme baptisé « e-mobility Berlin ».

En Espagne, le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón, a annoncé que les conducteurs de voitures électriques pourront se garer gratuitement dans sa ville et verront leur vignette auto réduite de 75%. Et il a prédit que les voitures électriques deviendront obligatoires dans les centres-villes.

L’Espagne a aussi prévu 40 millions d’euros pour financer à hauteur de 50% les projets pilote de recherche sur les moteurs électriques.

Et le pays pourrait bientôt accueillir une usine de voitures électriques, la première : l’indien Tata envisage d’y installer un site de production d’une version électrique de son modèle Indica Vista, qu’il veut lancer en Europe en 2010.