Négociations de Copenhague : round d’observation aux Nations-Unies

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Tout reste à faire. Voilà, en quatre mots, l’essence du discours de Ban-Ki moon, prononcé à l’issue du sommet des Nations Unies consacré au changement climatique, le 22 septembre 2009.

Ceux qui attendaient de cette réunion, qu’elle donne des éclairages sur le sommet de Copenhague à venir, en auront été pour leurs frais. Les pays en développement se montrent les plus déterminés, car les plus concernés, sur les initiatives en matière de lutte contre le réchauffement de la planète. Mais ils attendent une aide internationale.

Les pays développés affichent leur bonne volonté, sous condition d’avancer groupés, et d’obtenir des financements internationaux, et la participation du secteur privé. Insuffisant, martèlent les Nations Unies, pour atteindre l’objectif minimal fixé par le G20, à savoir un réchauffement de 2°C à l’horizon 2050.
 
Les déclarations les plus attendues étaient, sans surprise, celles de la Chine et des Etats-Unis, qui représentent chacun plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre de la planète.
 
Chine, Etats-Unis : les incertitudes persistent
 
Les Chinois ressentent déjà les effets de la pollution et ont souhaité faire la preuve d’un engagement réel en faveur, avec un plan visant à satisfaire 15% de leurs besoins en énergie à partir de ressources renouvelables. Pour un pays qui chaque année, accroît son parc de production électrique de l’équivalent de la puissance installée du Canada, cela ne représente pas un vain effort, même si ses engagements de réduction d’émissions restent très timides, en se limitant à en freiner la croissance.

Néanmoins, ils n’excluent pas de lier leurs objectifs à la croissance de leur PIB, tout comme l’Inde, 5e émetteur mondial de gaz à effet de serre. En d’autres termes, leurs émissions pourraient continuer de croître, ce qui serait contraire aux objectifs de Copenhague.

La plus grande incertitude vient, encore une fois, des Etats-Unis. Le président Obama a annoncé un objectif volontariste de retour au niveau d’émissions de 1990 à l’horizon 2020. Le projet de loi sur le changement climatique est en cours de discussion au Congrès américain. Mais il ne rencontre pas l’adhésion du Sénat, et son vote ne devrait intervenir qu’à la suite du sommet de Copenhague.

Le risque est clair : Copenhague pourrait être un nouveau Kyoto, et les Etats-Unis pourraient bien ruiner tout espoir d’accord international.
 
Poursuite des discussions à Bangkok
 
Dans la foulée de la réunion de New York, se tient à Bangkok, du 28 septembre au 9 octobre, l’avant-dernier cycle de négociations avant la conférence de Copenhague. Entre autres enjeux, délégués gouvernementaux et représentants des différentes parties prenantes tenteront, en particulier, d’arriver à des engagements précis de la part des pays développés en matière de réduction des émissions.