Une voiture électrique = un supplément de 14.400 dollars

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SperlingMême dans 25 ans, en 2035, les batteries électriques, toujours désespérément chères, rajouteront 14.400 dollars en moyenne au prix des voitures électriques.

Et pour les hybrides, les batteries électriques plus petites installées sous le capot rajouteront 5.900 dollars. Alors qu’à cette date, les voitures à essence coûteront grosso modo le même prix qu’aujourd’hui.

C’est le calcul de Daniel Sperling, fondateur du département des recherches sur les transports (Institute for Transportation Studies) à l’Université de Davis (Californie).

Son calcul rejoint celui que nous avait livré Fréderic Hapiak, l’un des dirigeans du groupe français de batteries Saft, pour qui il fallait compter pour une batterie électrique 500 euros par kwh, sachant qu’il faut 10 kwh pour assurer une autonomie de 200 km. Pour une voiture électrique d’une autonomie de 200 km, le seul prix de la batterie revient donc à 10.000 euros, soir 14.000 dollars.

Ce n’est pas le seul avis pessimiste que nous avons eu sur les voitures électriques ces derniers jours : même l’investisseur « star » Vinod Khosla n’y croit toujours pas. Là aussi, question de prix.

L’analyse de Daniel Sperling risque en tout cas de peser lourd aux Etats-Unis alors que la National Academy of Sciences, plus haute instance publique de recherche du pays, doit justement donner son avis sur le choix entre voiture hybride et voiture tout-électrique.

D’ailleurs le gouvernement est loin d’avoir tranché en faveur de la voiture électrique, comme en témoigne la répartition actuelle des fonds du DOE (Lire USA: la grande distribution des prix continue).

Son étude, présentée, devant l’Almaden Institute d’ IBM, estime aussi que les moteurs diésel (quasiment inexistants aux Etats-Unis) ajouteront 1.700 dollars au prix des voitures, et les piles à hydrogène 5.300 dollars.

Les voitures à essence elles verront leur coût passer de 19.600 dollars en moyenne aujourd’hui aux Etats-Unis à 21.600 dollars.

Daniel Sperling, pourtant un partisan des voitures électriques, souligne ainsi que le prix reste un handicap majeur. Sans oublier un impératif : l’électricité qui alimentera ces voitures devra provenir d’énergies  propres, afin que l’objectif de réduction des émissions de CO2 se réalise.

Il ne croit pas non plus à une hausse mécanique du coût du pétrole qui rendrait les alternatives compétitives, car pour lui, compte tenu des diverses possibilité de nouvelles sources pétrolières non conventionnelles comme les schistes bitumineux, « un pétrole sous les 100 dollars le baril peut durer presque indéfiniment. Et à moins d’une intervention de la politique publique, c’est à cela que nous aboutirons : les compagnies pétrolières investiront dans les ressources pétrolières non conventionnelles », avertit-il.

En cela, il renvoie la balle aux gouvernements et aux subventions à l’achat, que non seulement Washington mais aussi désormais l’Allemagne semble décidée à mettre en place. Car une fois acquise, la voiture électrique ne coûte que quelques euros à recharger.