AXA Private Equity fait une entrée en force sur le marché de l’éolien

Print Friendly, PDF & Email

6aEn rachetant 15 fermes éoliennes d’une capacité globale de 163 MW à la société d’investissement australienne Babcock & Brown, Axa Private Equity (Axa PE) se positionne dans le peloton de tête sur le marché français, parmi les six premiers acteurs. 14 de ces fermes sont déjà en exploitation, la dernière de 12 MW doit être achevée en fin d’année. Elles sont essentiellement situées dans un rayon de 300 kms au nord, dans l’ouest et au sud de Paris. Ces fermes éoliennes avaient bénéficié en 2008 d‘un financement bancaire de 220 millions d’euros assuré par quatre banques (BNP Paribas, Depfa Bank Ltd, Dexia Crédit Local et Natixis).

Le fonds d’investissement s’empare ainsi de 100% des participations de Kallista Energies Renouvelables (ex-Enersis Energies Renouvelables) et Kallista France (ex-Enersis France), qu’elle détiendra à travers Holding Energies Renouvelables (HER), une holding dédiée à ses investissements dans les énergies renouvelables. Kallista a été valorisée à 220 millions d’euros, capital et dette inclus. Le montant de l’acquisition n’a pas été révélé, mais il est « très inférieur » à 100 millions d’euros selon Axa PE.

HER est financée par deux fonds, Axa Infrastructure Invest, filiale à 100% d’Axa, et Axa Infrastructure Partners, ouvert à des tiers. « Nous cherchons des investissements sur le long terme, de vingt ans voire plus, dans des secteurs encadrés, réglementés, déconnectés des turbulences des marchés et qui génèrent des rentes régulières, souligne Mathias Burghardt, responsable du secteur Infrastucture d’AXA Private Equity. Dans l’éolien, après effet de levier, nous attendons autour de 12 à 13% de rendement annuel ».

Axa PE s’est fait épaulé par les équipes techniques de Saur, numéro trois de l’environnement en France dont il détient 17% du capital. Saur pourrait récupérer la maintenance des fermes éoliennes et entrer au capital de Kallista.

Axa PE profite d’un contexte favorable : Babcok & Brown, victime de la crise financière, a été placé, en mars dernier, sous administration volontaire après l’échec de la tentative de restructuration de son énorme dette.

La vente d’actifs s’est donc accélérée dans le monde entier : Babcock & Brown a cédé en juin l’installateur portugais de parcs éoliens Parque Eolico Penha da Gardunha (PEPG) au groupe Martifer pour 7,5 milions d’euros et surtout ses gros actifs éoliens (4 000 MW dans le pipeline) en Amérique du Nord au fonds d’investissement Riverstone pour un montant non dévoilé.

Le fonds australien s’était implanté en France fin 2005, développant un portefeuille de participations notamment dans les infrastructures et l’immobilier.

« Nous regardions ce dossier depuis septembre 2008. Le parc de Babcock était de qualité et nous permettait d’acquérir immédiatement une taille importante sur le marché français. Après plusieurs offres non sollicitées de notre part, un processus d’enchères a été mis en place, auquel nous avons participé « , commente Mathias Burghardt.

Depuis 2005, l’équipe Infrastructure d’AXA Private Equity a investi plus de 950 millions de dollars à travers huit opérations dans le domaine des transports, de l’énergie, de la distribution d’eau et du traitement des déchets en France, au Royaume-Uni et en Italie. Axa PE est déjà présent dans les énergies renouvelables en Italie : il s’est associé, en début d’année, au groupe industriel italien Tozzi pour créer la co-entreprise TRE & Partners pour investir dans le solaire, l’éolien…

Et le fonds compte bien poursuivre ses emplettes, peut-être dans le solaire : « la rentabilité est plus faible mais le solaire offre davantage de stabilité que l’éolien », observe Mathias Burghardt, qui constate une reprise du marché : « après une période très frileuse, on voit les investisseurs revenir et les banques plus ouvertes pour accompagner les projets. Il y a une vraie fenêtre d’opportunités : les prix, qui avaient atteint des niveaux excessifs, notamment dans l’éolien, ont beaucoup baissé. Et ils vont remonter, même s’ils ne reviendront peut être pas au même niveau que par le passé ».

Sur le plan géographique, Axa PE regarde les grands marchés d’Europe de l’ouest : l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal pourraient faire partie de ses prochaines cibles.

Pour le deal avec Babcock & Brown, Axa PE a été conseillé par Linklaters, Accuracy, Merrill Lynch et Natureo Finance.