New York veut des gratte-ciels « verts »

Print Friendly, PDF & Email

nycC’est une initiative que nous avons découverte en animant à New York la table ronde « cleantech » de la conférence FACE ( conférence franco-américaine des entrepreneurs). Le Conseil de la Ville de New York (New York City Council) examine cet été un projet de code du bâtiment vert qui sera quasiment le plus ambitieux et le plus contraignant jamais adopté dans une grande ville aux Etats-Unis, et plus aussi qu’à Paris, par exemple.

Le projet vise à obliger tous les propriétaires de bâtiments de plus de 50.000 pieds carrés (soit environ 4.500 m2) à effectuer tous les dix ans un audit d’efficacité énergétique – jusqu’ici, rien de révolutionnaire – mais avec des recommandations d’améliorations qui devront être réalisées dans les 10 ans, avant le prochain audit. Aucune aide financière n’est prévue pour cela, juste un petit abattement fiscal. Les mesures concerneraient autant l’extérieur que l’intérieur, équipements compris (éclairage, robinetterie, ballons d’eau chaude, climatiseurs…).

Cet audit serait réalisé en même temps que les audits de sécurité des façades, une obligation à New York où quelques briques peuvent parfois vous tomber sur la tête, et qui sont effectués par des architectes agréés dont les recommandations doivent là aussi impérativement être mises en œuvre.

Imposer des améliorations (à Paris, l’audit est devenu obligatoire sur les bâtiments anciens mais les améliorations ne sont que volontaires) est un choix courageux, surtout dans une ville où l’isolation est souvent catastrophique. Les améliorations ne commenceraient à être requises qu’à partir de 2013.

La ville de New York a pour objectif global d’ici 2030 de réduire de 20% ses émissions par rapport à leur niveau de 2005. Ce plan concernant les bâtiments, baptisé « Greener, Greater Buildings Plan », devrait, selon les autorités, participer à hauteur de 5% à cet objectif, mais aussi faire économiser 750 millions de dollars sur la facture d’énergie et créer 19.000 emplois. L’organisation EDF (Environmental Defense Fund) a applaudi ce projet, en le qualifiant d’étape majeure.

22.000 immeubles concernés

Les grands immeubles concernés par ce plan (plus de 50.000 pieds carrés) sont au nombre de 22.000 à New York (pour la plupart à Manhattan) et représentent près de la moitié des espaces intérieurs des bâtiments de la ville.

« Verdir » les bâtiments existants est essentiel car ils génèrent 80% des émissions de gaz à effet de serre new-yorkaises et leur facture énergétique atteint 15 milliards de dollars par an.

Le projet de texte, qui devrait être voté (où rejeté) à l’automne, estime que les mesures qui seront les plus souvent requises dans les audits (améliorations des robinets, des ampoules, du thermostat d’eau chaude, par exemple) seront remboursées dans les 2 ans ou moins grâce aux économies d’énergie.

La ville a même envisagé de rendre obligatoire l’utilisation d’appareils économes en énergie (dotés du label EnergyStar) mais une telle mesure serait illégale, car plus contraignante que la loi fédérale dans ce domaine, nous a expliqué l’un des juristes chargé du dossier.

Lequel oulignait par ailleurs que contrairement aux idées reçues, un New Yorkais qui habite dans un immeuble consomme seulement 20% de l’énergie d’un Américain résidant en banlieue et qui utilise sa voiture tous les jours.

A propos d’énergie, savez-vous pourquoi de la vapeur jaillit si souvent des trottoirs de Manhattan ? C’est un réseau  de chaleur souterrain, qui dessert une bonne partie de l’île, qui est généré par la chaleur provenant d’une centrale électrique au gaz naturel installée sur la 40ème rue, mais dont la tuyauterie centenaire est trouée comme un gruyère. Chaque jet de vapeur n’est qu’une fuite à colmater.

Tout le dossier sur les émissions et les projets d’amélioration des bâtiments à New York ici (PDF en  anglais).