Les voitures électriques pourraient représenter 86% du marché

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yokohama_event_06Les études sur le marché des voitures électriques se suivent, mais ne se ressemblent pas. Une étude de Berkeley University, sous la houlette de l’économiste Thomas Becker, s’est posée la question suivante : si le modèle de BetterPlace s’imposait aux Etats-Unis, quelle serait la part de marché des voitures électriques aux Etats-Unis d’ici 2030 ? La réponse : entre 64% et 86% des ventes.

Le modèle BetterPlace
Les auteurs de l’étude estiment en effet que le système de BetterPlace répond bien aux attentes et aux possibilités des ménages américains : le consommateur achète une voiture, puis loue une batterie à BetterPlace, qui facture au kilomètre parcouru. Ainsi dépourvu de batterie, le coût d’acquisition d’une voiture électrique est comparable voir égal à celui d’une voiture thermique, tandis que le coût au kilomètre est très compétitif par rapport au pétrole et ses aléas. Pour comparer les différents scénarios, l’étude estime que le baril de pétrole (actuellement autour des 60$ après un pic à 150$ en été 2008) atteindra en 2030 entre 125$ et 200$.

De l’argent, de l’argent !
Selon l’étude, le système BetterPlace nécessiterait un investissement de 320 milliards de dollars étalés sur 20 ans, afin que le maillage du territoire soit suffisant.

Des effets indirects
L’effet BetterPlace ne s’arrête pas là : l’étude estime que la généralisation de ce système permettrait de faire économiser 210 milliards de dollars de dépenses de santé, grâce à la forte réduction des émissions polluantes.

BetterPlace
Créé en 2007 par Shai Agassi, cette société israélienne espérimente aujourd’hui un prototype 100% électrique en Israël, en partenariat avec Renault-Nissan, qui fournit à la société des Mégane 0% électriques et promeut le modèle BetterPlace.

Extraits

Hypothèses d'évolution du prix du baril de pétrole
Hypothèses d'évolution du prix du baril de pétrole
etude-betterplace-prix-km
Le prix au mile pétrole vs électrique (un mile = 1,6 km)
Estimations parts de marché
Estimations parts de marché
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4 COMMENTS

  1. Je ne partage pas les prévisions annoncées par Berkeley qui me paraissent exagérées.

    Les projections de marché prévoient plutôt un taux de pénétration d’environ 5 % de véhicules tout électrique (BEV) à l’horizon 2020.
    Même en 2025-2030, le moteur à combustion interne restera de loin la motorisation la plus importante, avec un taux de pénétration limité (20 % ?) de véhicules hybrides (bi-motorisation ICE/électrique type Toyota Prius).

    N’oublions pas que :
    – l’autonomie d’un véhicule tout électrique (BEV) reste limitée : environ 150 km pour un poids de batterie embarquée de 150 kg (soit environ 1 km par kg de batterie). La densité d’énergie des batteries (Wh/kg) pourrait doubler dans les 10-15 prochaines années. Mais on restera encore loin des autonomies des véhicules à moteur à combustion interne (ICE).
    – pour avoir un effet global de réduction des émissions de CO2, il faut le bilan « du puits à la roue » (from well to wheel). Ce qui demande de déployer à grande échelle la production d’électricité « verte ». On en est encore loin. On peut bien sûr développer la séquestration du CO2 (CCS) émis lors de la production d’électricité (la France qui dispose majoritairement d’électricité d’origine nucléaire demeure une exception à l’échelle de la planète). Mais ces solutions de CCS n’en seront encore qu’au stade pilote à l’horizon 2020.
    – il faut mettre en place l’industrie de production de batteries lithium-ion. Avec déjà des questions qui se posent au niveau de la disponibilité de lithium, dont le principal gisement se trouve en Argentine.

    Cela étant, je reste un partisan convaincu de la nécessité de développer de nouvelles sources d’énergie et de motorisation.
    Nous devrons aussi ré-inventer les solutions de mobilité, en particulier dans les villes où le véhicule électrique a toute sa place, mais aussi des modes de partage (type LISELEC à La Rochelle).

    Je veux simplement tempérer les espoirs annoncés par des prévisions trop optimistes.

  2. Le concept est très attractif, pour des raisons de santé, d’économie d’énergie et d’économie financière. La baisse du coût de l’emploi d’un véhicule contre balancera le coût d’un bien immobilier pour tout un chacun, enfin un peu ! Alors bravo. Mais pourquoi ne pas avoir anticipé plus tôt cette brutale prise de conscience et ce revirement ? Cordialement, Patrick A.

  3. Cette étude (impact de la pénétration massive des voitures électriques 2.0 dans le marché : facture santé, facture pétrole, réduction des émissions de CO2, création d’emplois) issue de la prestigieuse University of California Berkeley arrive exactement aux même conclusions que le rapport réalisé par des experts de la Deutsche Bank :
    http://libralato.co.uk/docs/Electric_Cars_Plugged_In_Deutsche_Bank.pdf

    Il s’agit deux 2 études majeures sur le sujet, auxquelles ont peut ajouter aussi cette étude du WWF :
    http://assets.panda.org/downloads/plugged_in_full_report___final.pdf

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