ExxonMobil investit massivement dans les algues

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Les biocarburants à partir d’algues ne seront plus l’apanage d’obscures start-up californiennes : le géant pétrolier américain Exxon Mobil a décidé d’investir 600 millions de dollars dans les cinq à six ans à venir pour développer ce type de biocarburants, encore à l’état de prototype partout dans le monde, en pariant sur la start-up Synthetic Genomics.

L’investissement d’Exxon Mobil financera ainsi le plus gros projet mondial de développement de biocarburants de ce type, qui utilise des algues (des micro-organismes) placées dans des sachets plastiques et exposées au soleil pour produire de l’huile, transformée ensuite en carburant. Immense avantage, le biocarburant tiré des algues – qu’il faut cultiver dans de vastes piscines — ne fait pas concurrence aux cultures agricoles en matière de terres arables.

Pour ExxonMobil, la somme reste limitée si on la compare à son gigantesque budget recherche annuel (25 à 30 milliards de dollars) mais c’est énorme pour un secteur encore émergent où la récente levée de fonds de 57 millions de dollars de Solazyme, la plus active start-up américaine dans ce secteur, a fait sensation.

Le secteur semblait d’ailleurs en perte de vitesse jusqu’à cette annonce d’ExxonMobil, qui cherche de nouvelles légitimités dans les énergies propres dans l’Amérique d’Obama.

ExxonMobil s’est d’ailleurs allié dans ce projet à Synthetic Genomics, justement l’une de ces start-up californiennes pionnières du secteur, fondée par le pionnier du séquençage génétique Craig Venter, pour avancer plus vite dans sa recherche-développement et compte édifier un centre de recherches à San Diego.

Sur les 600 millions de dollars d’investissements prévus, 300 millions de dollars seraient dépensés en coûts internes et plus de 300 millions de dollars au sein de Synthetic Genomics.

Mais Emil Jacobs, son vice-président pour la recherche, a prévenu que ce ne serait « pas facile » et le succès « pas garanti ».