La France encore trop faible dans les greentech

Print Friendly, PDF & Email

france-greentechTout le gratin des greentech françaises grandes et petites s’est retrouvé à Bercy, lundi, pour un long colloque organisé par Anne-Marie Idrac (Secrétaire d’Etat au Commerce extérieur) sur les « éco-industries françaises et l’export » : en résumé, beaucoup d’envie de faire de la part du gouvernement (Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, était là aussi), avec un nouvel étendard baptisé « France Greentech », des entreprises qui croient dur comme fer à l’avenir du secteur, mais aussi un constat sévère : la France est encore une naine dans la plupart des greentech, surtout  les énergies nouvelles.

Paris Mouratoglou, le patron d’EDF Energies Nouvelles, connu pour son franc-parler, a mis les pieds dans le plat : « On est nus devant la concurrence. Nous manquons complètement de capacités à produire et nous n’avons pas grand-chose à exporter. Il y a urgence à créer une industrie française. Et c’est assez simple à faire ».

«Les énergies renouvelables vont devenir un marché gigantesque, et nous sommes absents des éoliennes et des panneaux : demain la France importera des panneaux de chez nos voisins. Moi ( pour EDF Energies Nouvelles) j’achète du matériel partout, mais je ne peux pas acheter français puisqu’il n’y pas d’offre française. Avec des exceptions, comme Vergnet (l’un des rares fabricants français d’éoliennes, ndlr), qui occupe une niche avec des éoliennes légères qui se couchent en cas de cyclones, destinées aux départements d’Outre-mer, ou encore Schneider qui fait des onduleurs que nous lui achetons. Le seul moyen pour créer une industrie français est de créer un marché domestique. Il faut un tarif d’achat suffisant et une visibilité à moyen terme, sinon nous n’aurons pas assez de recherche ni d’investissement. Et des facilités administratives : en France pour faire une ferme solaire, il faut des années  alors qu’ailleurs il ne faut que quelques mois ».

Un peu plus nuancé que Mouratoglou mais guère plus indulgent, le DG de Suez Environnement, Jean-Louis Chaussade, a relevé quelques initiatives : « Total et GdF fabriquent du silicium et ouvrent un nouveau site dans l’est, les filières sont en train de se constituer. Il faut aussi soutenir la filière du recyclage ».

Il est optimiste sur le secteur (« La culture de la green économie est lancée, je ne pense pas qu’on remettre en cause la nécessité absolue du développement durable, d’une nouvelle croissance ») mais craint la Chine : « La Chine va créer des géants mondiaux dans l’environnement, il faut s’y préparer Il faut des efforts de R & D maintenant, sinon nous serons dépassés par de grands concurrents dans 10 ans, et la concurrence internationale va s’exacerber. La Chine veut des champions, et va les pousser avec son plan de relance « vert » ».

Pourtant au colloque figuraient quelques success stories comme Environnement SA (capteurs et compteurs de CO2), une PME de 100 personnes qui exporte largement.

Autre manque identifié par Philippe Delorme, secrétaire exécutif de Schneider Electric, la formation : « il y a un vide en ce qui concerne les filières de formation, il est très difficile de trouver des spécialistes de l’énergie. Il faut investir dans les universités. En Europe, l’un des principaux freins est le manque de ‘brain power’ ».

Tous les participants ont aussi jugé difficile pour les entreprises françaises de profiter des plans de relance « verts » notamment en Chine ou aux Etats-Unis, qui sont surtout destinés aux acteurs nationaux.

Les deux ministres présentes – Mmes Idrac et Jouanno étant les deux seules femmes ou presque de cette nombreuse assemblée, avec Dominique Campana, responsable de l’action internationale de l’Ademe, ont plutôt souligné les enjeux du secteur (400 000 emplois en France déjà, 440 milliards de dollars de marché mondial d’ici 2020, 550.000 emplois en France d’ici 2020 selon une étude du Boston Consulting Group), et les points forts français (les secteurs des déchets et de l’eau, des économies d’énergie et du BTP) qui font de la France, selon elles, le 4e exportateur d’écotechnologies, avec des géants comme Veolia ou Suez.

Elles ont aussi annoncé plusieurs initiatives : une bannière commune, intitulée France Greentech, qui permettra par exemple aux industriels français de se regrouper pour des salons ou des missions à l’étranger, un guichet unique pour les services et aides à l’export avec un Green Pass créé par UbiFrance, et une convention entre UbiFrance et l’Ademe pour  mettre en commun leur réseau pour aider les éco-industries françaises à l’international.

Article précédentBetter Place : une minute pour changer de batterie
Article suivantPhotovoltaïque : la France doit miser sur les couches minces pour rattraper son retard

13 COMMENTS

  1. La France = 85% de nucléaire, pourquoi voulez-vous favoriser le solaire et l’éolien à la source gratuite?
    Cherchez l’erreur?…..

  2. Pourquoi voulez-vous que la France favorise la solaire ou l’éolien dont la source est grgratuite

  3. une volonté politique serait déterminante et est sans doute indispensable pour faire aboutir le projet d’une fabrication française de panneaux solaires, mais pourquoi pas espérer que l’emprunt national lancer par Nicolas SARKOSY permette de placer la France dans le peloton de tête. Si c’est le cas, la volonté politique ne doit pas limiter son action à la mise en place des unités de production, elle doit également porter fiscalement le développement du marché en favorisant la défiscalisation des matériels NF et pourquoi pas en intégrant la main d’oeuvre des artisans français…
    La France doit devenir l’un des leaders du développement photovoltaïque…non seulement pour son marché intérieur mais aussi pour ses DOM/TOM et pourquoi pas pour les pays de l’Afrique francophone…
    I have a dream…

  4. Immédiatement après guerre, alors que tout était à reconstruire, le 18 octobre 1945 le Général Charles de Gaulle créa le CEA,  » Commissariat à l’Energie Atomique  » avec à sa tête Frédéric Joliot-Curie. Trente ans après, les travaux du CEA permirent à la France de développer un programme industriel unique au monde, la construction de 58 réacteurs nucléaires fournisseurs de 83% de l’énergie électrique aujourd’hui consommée en France. Que l’on y soit favorable ou pas, les faits technologiques sont là.

    Aujourd’hui, c’est à l’échelle de l’Europe, et face aux crises financières, économiques, et écologiques, qu’il faut créer un Commissariat Européen aux Nouvelles Energies et Matériaux (CENEM) afin de fédérer l’ensemble des potentiels européens travaillant dans ces domaines.
    L’Europe peut devenir la plus grande fédération de compétences en éradication de l’émission des gaz à effet de serre, capable de déposer les brevets et de conduire l’innovation au niveau mondial.

    Ce CENEM réunirait les laboratoires de recherche des grands producteurs européens que sont EDF, GDF Suez, RWE, Enel, Iberdrola, etc, les sociétés pétrolières, ou encore les laboratoires publics des grandes universités.

    Le CENEM aurait notamment pour tâches :
    – de développer l’industrialisation de nouveaux moyens de productions énergétiques issus des énergies renouvelables à usage des bâtiments existants d’abord ( 30 millions de bâtiments énergivores en France, 180 millions en Europe… ).
    – d’inventer de nouveaux matériaux de construction, isolation, vitrages, économes en énergie grise.
    – d’inventer et d’industrialiser de nouveaux moteurs et de nouveaux systèmes énergétiques non émetteurs de GES, non potentiellement générateurs de famines sur la planète comme le sont déjà les bio-éthanols et autres dérivés de plantes vivrières
    – d’inventer puis d’industrialiser de nouveaux protocoles de distribution d’énergie au sein des bâtis pour supprimer tous les transformateurs utilisés dans les millions d’appareils électriques ( TV, radio, décodeurs, téléphones portables, etc. ) et générateurs de milliards de Kwh de pertes énergétiques.
    Le CENEM aurait le mérite, face aux nouveaux engagements des USA, de faire germer l’Europe des économies d’énergies et de l’efficacité énergétique faute de savoir encore mettre en place le management de l’Europe de la production d’énergies !

  5. C’est vrai qu’il est gonflé M.MORATOGLOU…. Il pourrait acheter français mais il préfère installer du chinois (moins cher !), et après de nos donner des leçons pour relancer l’économie des ENR.
    Commencez donc par acheter FRANCAIS (oui, oui, cela existe), ce qui évitera peut être du chomage technique RHONALPIN chez P……, et permettra au BRETON S…. de prendre son envol.

  6. M. Paris MOURATOGLOU est un peu mal placé pour donner des leçons, car il a, lui-même en personne, refusé une discussion sur des nouveaux procédés renouvelables, et a fait répondre par EDEV en janvier 2007 :  » … J’ai le regret de décliner votre offre de collaboration : nous n’investissons que rarement dans la construction des équipements à énergies renouvelables …  »

    No more comments… ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

Comments are closed.