En Guadeloupe, une centrale au sol de JSA Technology, pionnière des Caraïbes

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jsaEn Guadeloupe, l’ensoleillement est double de celui de la métropole, de quoi permettre d’amortir une centrale solaire en 6 à 7 ans contre près de 10 ans en Europe. C’est l’atout maître de la société guadeloupéenne JSA Technology, première entreprise de l’île à s’être cotée à Paris (elle est entrée au marché libre en novembre 2008), et qui inaugure cette semaine une centrale solaire, la première centrale privée au sol de Guadeloupe et des Caraïbes.

Ce n’est pas un projet immense, mais une belle réussite, et entièrement locale. Et qui a surmonté l’interminable délai de raccordement par EDF.

La capacité de cette centrale n’est au départ que de 100 kW (de quoi alimenter 35 foyers) mais elle doit être étendue progressivement pour atteindre 1 MW, dix fois plus. Installée dans la commune du Moule , elle a été conçue pour le compte de la compagnie d’électricité indépendante JTM Production, créée par un agriculteur audacieux, Thomas Janky, qui voulait valoriser des terres non exploitables. Là encore, son initiative de créer une compagnie d’électricité indépendante est une première dans les Caraïbes.

Bien que les travaux aient démarré en février 2008 et duré seulement 4 mois, JSA n’inaugure les premiers panneaux de sa centrale (en grande pompe, avec de nombreux élus) que cette semaine, car il lui aura fallu près d’un an pour obtenir le raccordement par EDF.

A noter que le tarif subventionné de rachat d’électricité solaire par EDF est un peu différent dans les DOM : la prime en cas d’intégration à un bâtiment est bien moindre, ce rend intéressant des centrales au sol de ce genre, qui sont en revanche nettement découragées par la tarification en  métropole (dans les DOM, le tarif est de 43 centimes par kWh plus une prime d’intégration de 16 c /kWh en cas d’intégration dans le bâtiment, contre 32 c€/kWh plus une prime de 27 c€/kWh en métropole).

JSA Technology, fondée et dirigée par Gilles Apatout, un entrepreneur guadeloupéen, revendique 30% d’un marché solaire guadeloupéen prometteur : la loi de programmation pluriannuelle des investissements dans les DOM prévoit d’y ‘installer 390 MW d’énergies renouvelables d’ici  2015 dont 30% en Guadeloupe, soit 117 MW.

Deux ans après sa création en 2007, JSA Technology a déjà réalisé plus d’une centaine d’installations photovoltaïques pour un chiffre d’affaires de 1,1 M€ et un résultat net de 194.000 € en 2007. En 2008, son activité a doublé et elle vise 8 MW de commandes fin 2009, dont près de 4 MW ont déjà été commandés à ce jour pour la seule Guadeloupe. La société est par ailleurs en train de réaliser une augmentation de capital de 3,3 millions d’euros.

Elle se fournit en panneaux auprès de la filiale française de l’allemand  Schüco, l’un des leaders mondiaux des revêtements solaires pour les bâtiments, et qui a surtout l’immense avantage d’être l’un des seuls fabricants à garantir les panneaux contre les risques d’ouragans.

Le soleil de Guadeloupe (comme celui de la Réunion et de Guyane) attire les autres sociétés françaises du solaire, comme Aerowatt, qui fin 2008 a signé un contrat avec Apex BP Solar pour lancer en Outre-Mer un nouveau programme de centrales solaires sur des toits industriels raccordés au réseau EDF, d’une capacité totale de 3,7 MW, en Guadeloupe, à la Réunion et en Guyane, pour un investissement de 20 millions d’euros. Apex BP Solar fournit les installations clés en main, Aerowatt est l’exploitant.

On peut aussi citer Tenesol, filiale de Total et EDF, qui fin 2008 a inauguré en Guadeloupe un toit solaire de 2000 m2, connecté au réseau EDF et qui produit 258 000 KWh, la consommation  de 84 foyers guadeloupéens, et revend l’électricité à EDF. Le groupe Voltalia est lui est plutôt en Guyane, où il y est épaulé par la Caisse des Dépôts.