Des fonds pour les plastiques sans pétrole de Draths

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L’après-pétrole sera aussi l’après plastique. D’où l’intérêt des investisseurs pour la société américaine de biochimie Draths, qui fabrique des produits exactement identiques au plastique, nylon et autres polymères, mais  à partir de ressources renouvelables – du sucre, par exemple — et sans plus besoin de produits pétrochimiques, et qui a levé 21 millions de dollars.

Ses bailleurs de fonds sont le grands fonds d’investissement TPG , qui a mené le tour de table, ainsi que les fonds californiens CMEA Capital et Khosla Ventures.

Draths a basé sa technologie sur une recherche issue de l’Université du Michigan qui combine biologie moléculaire, ingénierie génétique et chimie de synthèse  pour créer des hydrates de carbone à  hautes performances. Car, comme le souligne  son responsable scientifique John Frost, ex-professeur l’Université du Michigan, « la vieille industrie pétrochimique durera ce que durera le pétrole ».

Draths, fondé par John Frost et sa femme Karen Draths, également chimiste, avait déjà levé 1 million de dollars auprès de business angels puis 5 millions auprès de Khosla Ventures fin 2007.

La jeune société, crée en 2005, vise en premier lieu l’immense marché mondial des nylons (un marché de 20 milliards de dollars), un matériau utilisé dans toute sorte de produits grand public . Autres secteurs visés en priorité, ceux des arômes synthétiques, des peintures et des résines.

Draths est l’un des pionniers d’une chimie d’un nouveau genre, celle de l’après-pétrole, basée sur la biologie. Déjà des géants pétrochimiques comme DuPont se sont lancés dans la fabrication de substituts du plastique à base de plantes : DuPont a développé une technique baptisée Genencor, qui transforme du sucre de maïs fermenté en un polymère baptisé Cerenol, qui peut par exemple remplacer les produits dérivés du pétrole dans les peintures pour voitures. Le groupe de biotechnologies Cargill a lui démarré un nouveau polymère à base d’huile végétale, qui peut être utilisé pour fabriquer des mousses polymères pour les lits, les sièges ou les appuie-têtes de voitures.

Mais il fallait des produits économiquement compétitifs pour détrôner les plastiques à base de pétrole : c’est le pari de Draths qui crée des micro-organismes capables de convertir le glucose en alcools aromatiques, justement l’élément de base qu’on extrait du pétrole pour fabriquer du plastique. Et non seulement ces nouveaux plastiques permettent de se passer de pétrole et donc d’usines particulièrement polluantes, mais en plus ils sont bio-dégradables.