Business angels : des ambitions fortes dans les cleantech

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msEn tout juste un an d’existence, Cleantech business angels, le réseau national des business angels dans l’énergie et l’environnement, a reçu 150 dossiers et espère doubler ce nombre d’ici à la fin de l’année. Interview de Michael Sandager, co-président du réseau aux côtés d’Arnaud Delattre.

GreenUnivers : Quel bilan dressez-vous de cette première année d’existence du réseau ?

Le réseau rassemble aujourd’hui 41 membres issus de 23 réseaux locaux sur les 70 que compte France Angels. Ce sont eux qui assurent la relation entre notre réseau national et les réseaux locaux. 28 d’entre eux font partie des comités de sélection de notre réseau. Nous avons reçu 150 dossiers sur les douze premiers mois, avec un rythme mensuel qui s’accélère depuis le début de l’année.

10% étaient en-dehors de notre domaine des cleantech. Parmi les autres, les deux tiers concernent l’énergie, avec des projets dans la production d’énergies propres, l’efficacité énergétique avec notamment des logiciels pour surveiller la consommation d’électricité, la mobilité, le bâtiment… Le tiers restant est concentré dans l’environnement, surtout la gestion de l’eau, l’air ou le sol. L’idée globale est souvent de faire plus en utilisant moins de ressources.

GU : Est-ce que ces résultats sont en ligne avec vos attentes ?

150, c’est satisfaisant pour une première année, mais ce n’est pas assez par rapport à nos ambitions. Nous souhaitons doubler notre deal flow et atteindre les 300 dossiers d’ici à la fin de l’année. Pour l’instant, 95% des dossiers nous parviennent directement ou via des relais comme Oséo. Nous devons développer le travail de terrain auprès des réseaux locaux pour qu’ils remontent plus de dossiers. La qualité des projets reçus s’améliore : au départ, nous avons été un peu inquiets devant la faiblesse de certains, mais depuis quelques mois, les dossiers sont nettement plus intéressants.

GU : Dans combien de start-up avez-vous investi ?

Pour l’instant, trois dossiers sont arrivés au stade de la présentation en séance plénière pour une levée de fonds. Le premier dossier à aboutir est celui de la société parisienne de taxis écologiques Verture, qui a levé 300 000 euros l’année dernière. Par rapport à nos 150 dossiers reçus, cela fait un taux de transformation de 2%. Là encore, nous voulons faire mieux : nous visons environ 5 opérations dans l’année.

Notre sélection est drastique. Le bureau du réseau fait un premier tri : nous regardons si le projet correspond bien à notre thématique, s’il y a un business plan… A ce stade, nous en éliminons 70%. Les autres sont instruits par un tandem composé d’un membre du réseau local pour la proximité et d’un spécialiste du métier pour son expertise du secteur. L’instruction prend en moyenne 3 à 4 mois.

Pour l’instant, seuls trois dossiers ont donc été présentés en séance plénière, via notre plate-forme collaborative virtuelle, pour une levée de fonds. Les investisseurs intéressés forment alors un petit groupe ad hoc avec les instructeurs. Si l’opération se fait, les règles sont toujours les mêmes : la moitié de l’investissement est réservée aux réseaux locaux, l’autre moitié à notre réseau. Nous voulons vraiment promouvoir un esprit d’ouverture et de partage. C’est moins évident en France, où un réseau n’a pas toujours envie de partager un beau projet, que dans d’autres pays, mais c’est notre philosophie. Et de toute façon, vu les sommes recherchées, il faut plusieurs investisseurs.

GU : Quels sont les besoins des entrepreneurs en capitaux ?

Ils sont un peu plus élevés que pour de l’amorçage dans d’autres secteurs où la moyenne se situe autour de 300 000 euros. Dans les cleantech, on est plutôt entre 400 et 600 000 euros. Depuis un an, nous avons vu des demandes allant de 100 000 à 750 000 euros. Les projets dans l’énergie marine ou le photovoltaïque sont particulièrement gourmands en capitaux. Nous sommes dans l’early stage : la règle, c’est de prendre 20 à 40% du capital et de laisser l’entrepreneur majoritaire. Nous sommes exigeants sur les dossiers car nous attendons un retour de 40% par an. Ce qui implique d’avoir des sociétés avec un fort potentiel de croissance.

GU : Quelles sont vos priorités pour votre deuxième année d’existence ?

En-dehors de la volonté de développer le deal flow et les projets soutenus, nous allons essayer de renforcer le réseau avec de nouveaux membres et de lui donner plus de visibilité. Nous bénéficions aujourd’hui de deux sponsors, le ministère de l’Economie et, depuis le début de l’année, de la Lyonnaise des Eaux. Cela nous permet d’avoir plus de moyens pour passer à la vitesse supérieure.