Faut-il revenir sur le marché du carbone ?

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carbone11Victime de la récession qui a fait chuter les cours, le marché du carbone pourrait vite redresser la tête et retrouver le chemin de la croissance, selon un rapport de la société d’études américaine SBI.

A court terme, les perspectives restent cependant mauvaises : le marché mondial du carbone devrait se contracter de 29% cette année pour plafonner aux environs de 84 milliards de dollars en raison de la chute des cours provoquée par la crise économique.

Mais les signaux de reprise rendent les experts de SBI optimistes : ils tablent sur un taux de croissance annuel de 69% dans les quatre prochaines années ce qui propulserait le marché à 669 milliards de dollars en 2013. Avec la reprise, la production industrielle devrait redémarrer peu à peu, et donc les émissions de CO2, ce qui provoquera une demande supplémentaire.

La volonté de Barack Obama de créer un marché du carbone fédéral aux Etats-Unis, de type cap and trade comme en Europe, devrait aussi servir de levier. Pour SBI, pas de doute : la baisse des cours offre actuellement une belle opportunité à l’achat.

Le cours du carbone est aujourd’hui d’environ 13,50 euros sur Bluenext sur le marché spot. Il avait chuté en-dessous de la barre des 10 euros début février, après avoir atteint un record de 33 euros en avril 2006. Principale explication : la récession. Beaucoup d’industriels européens concernés par les allocations de quotas de CO2 ont réduit drastiquement leur production, notamment les cimentiers et les sidérurgistes : leurs émissions de CO2 ont mécaniquement diminué et ils se sont retrouvés avec des surplus de quotas. En manque de liquidités, certains d’entre eux les ont vendus, accélérant l’effondrement des cours.

Les émissions dans les pays européens ont diminué de 6% en 2008, selon Point Carbon. En France, les émissions des sites concernés par le système européen des quotas (qui représentent environ 35% des émissions du pays) ont baissé de seulement 3,9% en 2008.

En 2009, la situation ne devrait pas s’améliorer en Europe, et certains analystes, moins optimistes que SBI, notamment ceux de Barclays Capital, estiment que le marché aura besoin de plusieurs années pour récupérer.