Stop au projet de capture du carbone de Santos (Australie), trop cher

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Au grand désespoir des écologistes, la compagnie pétrolière australienne Santos a suspendu son (très ambitieux) projet de capture du carbone sur son site de Moomba, faute d’aides financières du gouvernement et en raison de la dégringolade du prix des droits d’émissions de CO2.

Il s’agissait de pomper le CO2 de centrales à charbon de l’est du pays qui serait transporté via des pipelines jusqu’aux champs gaziers désaffectés de Moomba, où il serait enfoui. La baisse des cours du carbone ne permet pas de rendre viable le projet de capture du carbone qui était prévu sur le site de Cooper Basin, un projet qui devait coûter 450 millions de dollars US. Il devait stocker 20 millions de tonnes de carbone sur 20 ans, ce qui aurait correspondu à la mise au parking de 5 millions de voitures — le tiers de la flotte australienne.

Ce type de projet ne peut être viable qu’avec un prix du carbone de quelque 40 euros la tonne, alors qu’il n’est que de 10 euros actuellement, ayant chuté des deux tiers depuis 8 mois en raison de la crise.

Des groupes plus décidés, comme le norvégien  StatoilHydro, en revanche poursuit lui ses projets de capture du carbone et estime que son projet de site complet à Mongstad coûterait environ 3,5 milliards de dollars. La décision de construire ou non ce site sera prise dans deux ou trois ans. Et en Europe, les sidérurgistes regroupés ont décidé d’installer un site pilote en France, sur un site d’ArcelorMitttal à Florange, en Moselle.

Mais Royal Dutch Shell Plc et Anglo American ont annoncé en décembre qu’il reportaient un projet de « charbon propre » qui aurait coûté 5 millliards de dollars australiens. Santos et General Electric Co. ont déjà annulé en 2007 un projet similaire ainsi que BP et Rio Tinto qui ont abandonné en mai un projet de site de capture du carbone.