Beaucoup d’opportunités pour les start up du green building

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fuPour Frédéric Utzmann, Directeur External Venturing de Saint-Gobain, le marché du green building offre de belles opportunités pour les start up. Le groupe Saint-Gobain veut nouer des partenariats avec de jeunes entreprises innovantes du secteur, via des accords commerciaux, du co-développement ou des prises de participation. Gros plan sur sa stratégie.

GreenUnivers : Quelle est la fonction de votre département dans le groupe ?

Le département a été créé en 2006 pour développer les relations entre Saint-Gobain et les start-up dans les secteurs de l’habitat, l’énergie et l’environnement. Le groupe investit entre 350 et 400 millions d’euros par an dans la R&D. C’est une somme importante, mais elle reste naturellement faible par rapport à l’ensemble de la R&D réalisée par tous les laboratoires, start-up, PME et multinationales de la planète. Nous avons donc besoin d’être ouvert sur l’extérieur pour repérer des innovations susceptibles d’impacter notre activité, que ce soient des produits ou des services nouveaux, des technologies de rupture ou des procédés plus efficaces, et notamment dans le domaine des cleantech. Mais il n’est pas facile pour une start-up d’entrer en contact avec un groupe de notre taille. Le département a un rôle de facilitateur et sert de porte d’entrée pour les petites sociétés désireuses de travailler avec Saint-Gobain.

GU : Le marché du « green building » est-il propice à l’émergence de start-up ?

Il se développe très vite, poussé notamment par la réglementation et les politiques publiques Le bâtiment est le premier levier pour réaliser des économies d’énergie. 70% de l’énergie dépensée dans le monde est liée directement ou indirectement aux bâtiments et l’urbanisme : il y a beaucoup à faire, et il faut notamment adapter les solutions à l’existant. Cela crée des opportunités pour les grands groupes, mais aussi pour de nouveaux entrants. On voit apparaître des innovations dans l’isolation par l’extérieur, les toitures photovoltaïques, les murs végétalisés… C’est un secteur qui va beaucoup évoluer dans les prochaines années.

GU : Concrètement, comment travaillez-vous ?

Le département comprend une douzaine de collaborateurs – pas tous à plein temps – répartis entre l’Europe, les Etats-Unis, le Japon, la Chine… Ils représentent chacun des grands pôles du groupe (matériaux, vitrage, distribution…). Le premier critère de sélection est l’intérêt de leur activité pour le groupe. Peu importe leur stade de développement : dépôt de brevet, prototype ou bien au-delà. Nous évaluons leur potentiel d’innovation, leur différence technologique, la pertinence de leurs applications pour le marché, la proposition de valeur, l’équipe managériale… Nous regardons comment leur activité peut s’articuler avec Saint-Gobain et en discutons avec les patrons opérationnels concernés. Si l’analyse est positive, nous pouvons leur proposer plusieurs types de collaboration : co-développement, achat de licence, accord de commercialisation ou de distribution,  jusqu’à une prise de participation au capital.

GU : Est-ce que vous recevez beaucoup de dossiers ?

Nous recevons en moyenne 500 dossiers par an, avec surtout des sociétés proposant des produits et matériaux innovants, des systèmes (assemblage de produits) ou encore des services (audit énergétique). 55% de ces sociétés sont aux Etats-Unis et au Canada, 30% en Europe, 15% en Asie. Pour faire connaître notre intérêt aux dirigeants des start-up, nous avons créé l’année dernière un concours européen, que nous renouvelons cette année. Les trois lauréats recevront 15 000 euros chacun et se verront proposer des collaborations avec le groupe (voir notre article complet).

GU : combien de partenariats avez-vous noués jusqu’à présent ?

En 2008, nous avons réalisé 10 accords commerciaux et technologiques, dont deux avec investissement comme actionnaire minoritaire dans des sociétés américaines : SRS, une entreprise qui fait des tuiles photovoltaïques, et Arxx, une société spécialisée dans l’isolation thermique. Cette année, nous visons une quinzaine de partenariats dans le monde entier.