Le marché du carbone ignore la crise

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C’est une exception : le marché mondial du carbone n’a pas souffert de la crise financière et économique en 2008. Au contraire, il a bondi de 84% en valeur pour atteindre 150 milliards de dollars, selon le cabinet d’analyse britannique New Carbon Finance. 4 milliards d’allocations de carbone ont été échangés, soit une hausse des transactions de 42% par rapport à 2007.

Et le cabinet d’analyse est optimiste pour 2009 malgré la récession : le marché devrait continuer à croître pour atteindre 150 milliards de dollars cette année. Pourtant, les émissions de CO2 vont être automatiquement réduites par le fort ralentissement de l’activité industrielle. Mais selon New Carbon Finance, le marché du carbone est un marché de long terme où les intervenants achètent des crédits aujourd’hui en espérant les revendre dans 5 ans.

Le système d’échange de quotas européen a représenté à lui seul 70% du marché mondial en volume en 2008 et 80% en valeur. Si les prix sur ce marché ont baissé depuis quelques mois, en raison des effets de la crise et de la chute du prix du baril de pétrole auquels ils sont fortement corrélés, ils devraient rester stables dans les prochains mois, selon le cabinet d’analyse.

Mais le marché des crédits Kyoto est aussi en plein essor : il pèse désormais 14 milliards de dollars, en valeur, ce qui représente une part de marché de 13%, contre seulement 7% en 2007. Et c’est ce marché qui devrait se développer le plus en 2009.

Ces crédits sont attribués par les Nations-Unies aux Mécanismes de développement propre (MDP), des projets de réduction des émissions de CO2 dans les pays en développement et peuvent être achetés par les entreprises ou les institutions des pays industrialisés pour compenser leurs propres émissions de CO2. Une récente enquête internationale a montré tout l’intérêt des entreprises pour ces mécanismes de compensation, très critiqués par les défenseurs de l’environnement qui préfèrent voir les entreprises réduire leurs propres émissions plutôt que de signer un chèque.

La mise en place d’un marché du carbone en Australie en 2010 autorisant l’achat de crédits Kyoto, et l’attente d’un système similaire aux Etats-Unis, ainsi que l’avait promis Barack Obama pendant sa campagne, attisent l’intérêt pour ces dispositifs, notamment de la part des acteurs financiers.

Les projets de mécanismes de développement propre sont déjà en forte croissance (plus de 4 200 enregistrés par l’Onu en 2008) et devrait doubler d’ici à 2012, selon le Programme des nations-Unies pour l’environnement. L’ONU s’est en effet engagé lors de la conférence de Poznan à accélérer les procédures d’accréditation des projets, qui prennent aujourd’hui un an, en moyenne, entre l’enregistrement et la délivrance des premiers crédits.