Corée, Japon, UK, France, tous comme Obama veulent leur Green New Deal

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Est-ce un effet Obama ? La Corée du Sud et le Japon ont tous deux annoncé cette semaine de très ambitieux plans de croissance verte, qu’ils appellent « green new deals » selon l’expression désormais consacrée, et qui doivent créer des centaines de milliers d’emplois grâce à des investissements multi-milliardaires.

Un doublé annoncé le jour même où Barack Obama a reprécisé des ambitions « vertes » impressionnantes. Son objectif : 5 millions d’emplois aux Etats-Unis et 150 milliards de dollars d’investissement. Et en France le gouvernement a présenté cette semaine son plan Grenelle 2, qui complète le plan Grenelle 1 qui prévoit 440 milliards d’euros d’investissements « verts » avec à la clé 535.000 emplois.

En Corée du sud, le Premier ministre Han Seung-Soo a annoncé que le pays investirait plus de 38 milliards de dollars (50.000 milliards de wons) dans des projets environnementaux, et promis la création de 960.000 emplois nouveaux, dont 140.000 d’ici à la fin de l’année.

Parmi les champs d’action, Séoul vise divers projets de lutte contre le réchauffement climatique et d’efficacité énergétique, le nettoyage et la restauration des rives des quatre principaux fleuves du pays, et des plans de replantage forestier.

En tout, 36 projets, dont la création de 3.000 km de pistes cyclables et d’une centaine de routes, une provision de 2 millions de « maisons vertes » dans le pays, la construction de sites de transformation de déchets en gaz. Le gouvernement veut aussi développer les véhicules hybrides : 68.000 d’ici 2012.

Son but est de faire repartir l’économie du pays, alors que le chômage a augmenté à 3,1% en novembre et que la croissance a ralenti à 3% en rythme annuel.

Au Japon, le ministère de l’Environnement a promis de créer 800.000 emplois supplémentaires dans les greentech, pour doper les exportations et lutter contre le chômage.

Le Japon, déjà l’un des leaders mondiaux des greentech, veut aider ses entreprises dans le secteur à faire passer leur chiffre d’affaires de 745 milliards de dollars actuellement  à 1.000 milliards en 2020, et le nombre d’emplois du secteur de 1,4 million pour l’instant à 2,2 millions.

Le Japon, qui a récemment décidé de remettre en place des subventions pour les panneaux solaires chez les particuliers, pourrait même, selon la presse, avancer la date visée à 2015.

Les émissions du Japon ont atteint un pic durant l’année achevée en mars 2008 et le pays risque de rater ses engagements du protocole de Kyoto de ramener ses émissions de CO2 à 6% en-dessous du niveau de 1990, d’ici 2012.

Ce plan, approuvé par le Premier ministre Taro Aso, sera au centre du budget qui doit être présenté en mars avec des projets d’investissements dans les technologies vertes et la création de prêts à taux zéro pour les entreprises des greentech. Le pays veut montrer son engagement pour un « Green New Deal » qui à la fois relancerait l’économie et lutterait contre les émissions de co2.

Et en Grande-Bretagne le Premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré en début de semaine qu’il prévoyait de créer 100.000 emplois via de nouveaux projets d’infrastructures, dont beaucoup pour réduire les émissions de CO2. Il a même tenu à proclamer que comparativement à la taille du pays, son plan était plus ambitieux que le Green New Deal d’Obama…

Toujours en Grande-Bretagne, le Parti conservateur pousse à la roue: il veut que le pays se développe dans les greentech et rivalise avec la Silicon Valley. Il réclame davantage de financements pour les start-up des cleantech, la création d’incubateurs ainsi qu’un indice carbone pour les société cotées. Le leader du Parti conservateur David Cameron veut créer en Grande-Bretagne « une nouvelle génération de start-up de rang mondial capables de rivaliser avec « tout ce qui se fait dans la Silicon Valley ».

Le plan le plus ambitieux en terme d’emplois reste quand même celui du président élu des Etats-Unis: Barack Obama qui veut créer 5 millions d’emplois aux Etats-Unis grâce à 150 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables sur 10 ans, un axe qui constitue l’un des socles du plan de relance du pays.