L’Australie s’engage à réduire de 5% ses émissions, au nom de la realpolitik

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Au nom de la crise mondiale, le gouvernement australien s’est fixé des objectifs modestes de réduction des gaz à effet de serre, qui ont déçu les écologistes : il s’est engagé à une réduction de 15% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2000, mais seulement en cas de conclusion d’un accord mondial sur le climat impliquant les principales puissances économiques, et à seulement une réduction de 5% « inconditionnelle ». Un objectif « réaliste » selon le gouvernement qui juge peu probable pour l’instant un nouveau Kyoto en raison de la récession des grandes éconmies mondiales.
Avec cet objectif de 5% de réduction, l’Australie fait valoir qu’elle fera mieux que l’Europe si l’on calcule la réduction des émissions par habitant, puisque la population australienne devrait croître de 45% entre 1990 et 2020 quand l’Europe gardera une population stable.

Par habitant, les -5% australiens reviendraient à une baisse de 34% par habitant entre 1990 et 2020, alors que l’objectif européen de -20% revient à une réduction par habitant de 24% sur la même période, assure le gouvernement australien.

L’Australie prévoit des droits d’émissions payants et un marché du carbone à partir de 2010, mais presque la moitié les droits seront distribués gratuitement jusqu’en 2020. Il accorde en outre 4 milliards de dollars aux industriels du charbon pour les aider dans leurs efforts de réduction des émissions et prévoit un vaste projet pour aider la capture et le stockage du carbone.

La vente de droits d’émission rapportera 12 milliards par an dont 10 milliards seront redistribués pour des aides à la compensation et pour des permis gratuits. L’industrie du pétrole sera laissée hors du système de droits payants pour les trois premières années et l’agriculture pour 5 ans. Le gouvernement s’attend à un prix du carbone de 25 dollars la tonne au départ.

Se voulant transparent, il avertit que des droits du carbone payants feront grimper le prix de l’électricité pour les particuliers de 18% et le gaz de 12%, avec des hausses moyenne de 6 dollars par foyer et par semaine. Pour adoucir ces coûts, les retraités et les personnes les plus démunies recevront des aides supérieures à cette augmentation.

L’Australie estime aussi que les échanges de carbone vont accroître l’inflation de 1,1% en 2010-2011.