Grandes manœuvres dans les batteries lithium-ion, aux USA et au Japon

Print Friendly, PDF & Email

Méga-alliance de 14 firmes américaines (avec un français embarqué), création d’un géant au Japon et une autre alliance japonaise qui aspire à l’être : tout se bouscule sur le créneau des batteries lithium-ion.

Quatorze entreprises américaines se sont alliées pour développer des batteries lithium-ion pour voitures électriques, une alliance baptisée « National Alliance for Advanced Transportation Battery Cell Manufacture », appuyée par le laboratoire fédéral Argonne (Argonne National Laboratory).

L’Alliance  réclame au gouvernement américain 1 à 2 milliards de dollars d’investissements sur 5 ans, selon le Wall Street Journal et Forbes, pour l’aider à concurrencer notamment les grands groupes japonais, qui ont pris, et de loin, la tête de la course pour les batteries de nouvelle génération. Le modèle qu’ils citent : le projet Sematech, qui dans les années 1980 a obtenu 990 millions de dollars de financement pour développer l’industrie américaine des semi-conducteurs.

Parmi les participants figurent notamment le conglomérat industriel 3M et surtout Johnson ControlsSaft, une joint venture entre Johnson Controls, leader mondial des batteries de voitures classiques, et le groupe français Saft, un spécialiste des batteries high-tech pour les satellites et les appareils médicaux, entre autres. Cette joint-venture créée en 2006 et qui a ouvert début 2008 une usine pionnière de batteries lithium-ion à Nersac, dans le sud de la France, a déjà reçu des commandes de Ford et de BMW pour des batteries pour voitures électriques.

Les alliées pourront partager l’utilisation d’un grand site de production ultra-moderne, avec l’appui du Département de l’Energie, et de la nouvelle administration Obama – dont son futur Secrétaire à l’Energie Steven Chu, un grand défenseur des énergies vertes, pourrait bien être favorable à des aides à un tel secteur.

L’alliance regroupe aussi, FMC, EnerSys, ActaCell, All Cell Technologies, Altair Nanotechnologies, Eagle Picher Industries, Envia Systems, MicroSun Technologies, Mobius Power, SiLyte, Superior Graphite  et Townsend Advanced Energy..

Pendant ce temps, une nouvelle joint-venture est née au Japon dans les batteries lithium-ion : le groupe Honda a annoncé cette semaine une alliance avec le fabricant de batteries GS Yuasa. Et c’est enfin officiel : Panasonic va reprendre Sanyo pour 9 milliards de dollars, créant un géant du secteur.

Les Américains devront aussi faire face à d’autres alliances déjà constituées ces dernier mois en Asie : l’allemand Bosch et le coréen Samsung se sont alliés en septembre et démarreront la production de batteries lithium-ion débute en 2011 en Corée du Sud. Et l’an dernier s’est constitué un trio japonais réunissant Nissan, NEC et NEC Tokin, baptisé Automotive Energy Supply (AESC) qui doit démarrer sa production en 2011. Toyota et Mitsubishi planchent aussi sur ce terrain.  

Une preuve de plus que tout s’accélère dans le domaine en plein boom des batteries lithium-ion, la technologie qui prend la tête, selon une analyse du cabinet spécialisée Penny Sleuth. Poussé par le développement des véhicules électriques (500.000 dès 2015 et 1,5 millions en 2020, selon PriceWaterhouseCoopers), selon la Deutsche Bank le marché des batteries pourrait atteindre 30 à 40 milliards en 2020, souligne une analyse de hardassetsinvestors. Reste la question : y aura-t-il assez de lithium ?

Pendant ce temps les Chinois ont pris une longueur d’avance en sortant avant tout le monde une voiture électrique de masse, tandis que General Motors a dû reporter la construction de l’usine de moteurs de sa future voiture électrique Chevrolet Volt, toujours promise pour 2010.

Article précédentInitiative chimie verte en Californie (Premium)
Article suivantLe Green IT gagne du terrain au plan mondial

Comments are closed.