Une politique d’économies d’énergie, « la » solution pour les pays émergents (étude)

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En choisissant des appareils électriques, des ampoules, des voitures et des usines plus économes en énergie, en améliorant l’isolation des bâtiments et, plus généralement, en utilisant toutes les techniques d’efficacité énergétique, les pays émergents pourraient réduire de moitié leur augmentation annuelle de consommation d’énergie, en la ramenant de 3,4% par an à 1,4% par an, selon une étude du cabinet McKinsey Global Institute.

D’ici 2020, leur demande d’énergie pourrait ainsi être inférieure de 22% à ce qu’elle serait sans ces mesures, une réduction équivalente à la totalité de la demande chinoise actuelle, selon ce rapport baptisé « Fueling Sustainable Development : The Energy Productivity Solution ».

Si l’on suit les tendances actuelles, la demande d’énergie des pays émergents bondira de 65% d’ici 2020, et représentera 80% de la hausse mondiale de la demande. Ces pays, qui représentent actuellement 51% de la consommation énergétique mondiale, verront leur part progresser à 60% si aucune action n’est entreprise.

Cependant, leur consommation par habitant restera inférieure de 40% à celle des pays développés.

Si ces pays améliorent leur efficacité énergétique, ils pourront diminuer leurs importations de pétrole, réduire le coût de la construction de nouvelles centrales électriques, mieux résister aux chocs pétroliers à venir et maîtriser leur consommation d’énergie pour les générations futures.

Investir dans des techniques d’efficacité énergétique est le moyen le moins cher pour réduire le coût de l’énergie aussi parce que ces investissement sont rentables et se remboursent eux-mêmes : les investissements prônés par McKinsey produiraient un retour de 10% ou plus, sous forme d’économies d’énergie. Avec cette piste, ces pays pourraient économiser 600 milliards de dollars par an d’ici 2020.

Ils pourraient ainsi investir 9 milliards de dollars par an dans 12 prochaines années, avec des retours positifs, alors que selon l’Agence internationale de l’Energie, il leur faudrait presque le double (2.000 milliards de dollars sur 12 ans) pour accroître leurs capacités de production d’énergie des 22% supplémentaires qui leur seront nécessaires sans politique d’économies.

D’autant que dans les pays émergents, les investissements en efficacité énergétique coûteraient 35% de moins que dans les pays développés, à cause de leur main d’œuvre bon marché. C’est aussi plus facile dans ces régions, dans la mesure où la moitié des bâtiments installés en 2020 seront construits dans les 12 prochaines années. Mais il leur faut vite faire le saut, selon McKinsey.

Pour McKinsey, les pays émergents devront, pour y parvenir, diminuer de 80% les subventions aux carburants – qui existent surtout dans les pays pétroliers comme le Moyen-Orient, le Venezuela et le Mexique —  ce qui économiserait 2,5 millions de barils par jour (5% de la consommation) et pousser leurs compagnies d’électricité à déployer des compteurs intelligents.

Actuellement, la Chine consomme 16% de l’énergie mondiale, la Russie et l’Europe de l’Est 9%, l’Amérique latine, l’Asie, l’Afrique et le Moyen- Orient 26%.

Mais à elle seule la Chine, qui pourtant met en place des politiques d’économies d’énergie, représentera le tiers de la croissance de la demande d’énergie attendue d’ici 2020, contre seulement 8% pour l’Inde, moins industrialisée, et 11% pour le Moyen Orient où l’énergie est largement subventionnée. L’Amérique latine et l’Asie – hors Chine et Inde – ne représenteront respectivement que 8% et 5% de la hausse de la consommation mondiale, contre seulement 1,4% pour la Russie et l’Europe de l’Est.

Le McKinsey Global Institute avait déjà estimé en mai dernier que les économies d’énergie pourraient permettre sans effort de réduire d’un quart les émissions mondiales de CO2 en 2020.