Le pétrole pourrait atteindre son pic en 2030, selon l’Agence internationale de l’énergie

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Le prix du baril de pétrole baisse à court terme, mais va remonter en flèche très vite, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière prévoit une forte volatilité dans les prochains mois et vient d’abaisser ses prévisions à 80 dollars le baril en 2009, contre 110 dollars attendus jusqu’à présent, en raison du ralentissement économique mondial. Elle prévoit une demande de 86,2 millions de barils par jour (mbj) en 2008 et de 86,5 millions en 2009. Le Brent s’échange actuellement autour de 50 dollars, au plus bas depuis trois ans et demi.

Et pourtant, la même AIE ne croit pas à une baisse de longue durée. Dans son rapport annuel de prévisions à long terme (« World energy outlook », 2008), elle table sur un pétrole juste au-dessus de 200 dollars le baril en 2030. Un chiffre revu à la hausse puisque l’agence tablait, l’année dernière, sur un baril à 108 dollars en 2030. A cette échéance, la demande s’établirait autour de 106 mbj. D’où la crainte d’un manque d’or noir : les gisements primaires s’assèchent alors que les gisements secondaires, notamment les schistes bitumineux, coûtent beaucoup plus cher à exploiter et vont nécessiter de très lourds investissements. Un rapport britannique du « Peak oil group », soutenu par de grandes entreprises, est encore plus pessimiste puisqu’il anticipe un pic du pétrole dès 2013.

Malgré la perspective de récession dans les prochains mois, la demande en énergie devrait, en effet, redevenir très forte par la suite (voir graphique, cliquer pour agrandir). L’AIE prévoit une hausse de 1,6% en moyenne entre 2006 et 2030, soit 45% au total. La moitié de la croissance de la demande sera due à la Chine et à l’Inde, et au total, à 87% aux pays émergents alors que la demande des pays industrialisés va baisser.

Les énergies fossiles totaliseront encore 80% du mix énergétique en 2030, un tout petit moins qu’aujourd’hui. Le charbon, par exemple, représentera plus du tiers de la hausse de la demande d’ici à 2030. Il représentera 29% de la demande énergétique mondiale en 2030, le pétrole 30% et le gaz 22%.

L’augmentation de la production de pétrole viendra essentiellement des pays de l’Opep, celle des pays comme les Etats-Unis, le Mexique ou la Norvège devraient commencer à décliner au milieu de la prochaine décennie, selon le rapport.

Cette nouvelle poussée des énergies fossiles va provoquer une hausse inexorable des émissions de gaz à effet de serre, si les gouvernements ne prennent pas des mesures « fortes et rapides ». La température du globe pourrait grimper de 6 degrés à long terme, selon l’agence, pour qui les entreprises, ménages et automobilistes devront changer la façon dont ils consomment l’énergie.

L’AIE appelle à accélérer la révolution énergétique pour aller vers une économie moins carbonée avec une plus forte efficacité énergétique. Un récent rapport de l’European renewable energy council (Erec) estime que la fin des énergies fossiles est envisageable en 2090 si les investissements dans les énergies renouvelables sont suffisants.