De l’énergie éolienne sans vent ? Une batterie géante d’Xcel en prend le pari

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Dans quelques mois, la compagnie d’électricité américaine Xcel Energy, qui est aussi le plus gros producteur d’énergie éolienne aux Etats-Unis, va tester une première dans le pays : une batterie géante pour stocker l’énergie éolienne.

D’une taille de deux semi-remorques empilés l’un sur l’autre, cet appareil a été fabriqué au Japon par le groupe de céramiques industrielles NGK Insulators et expédié aux Etats-Unis, à Luverne, dans le Minnesota (centre) où il sera installé d’ici avril sur un petit parc éolien voisin (de 11 MW).

Composée d’une série de 20 modules de 50 kW, cette batterie géante au sodium-soufre, dit NaS – un type de batteries pourvues d’électrodes liquides, utilisées dans les installations à grande échelle —  pèse environ 80 tonnes et a une capacité de 1 MW.

Ce qui signifie que, complètement chargée, elle pourra stocker 7,2 MW-heures d’électricité, de quoi alimenter 500 foyers pendant 7 heures environ.

Il en coûtera plus de 5,4 millions de dollars à Xcel pour l’acheter, l’installer, et analyser ses performances.

Cette batterie, déjà utilisée au Japon par Japan Wind Development pour stocker l’énergie éolienne, mais aussi dans certaines applications hors éolien aux Etats-Unis, vise à résoudre le plus gros handicap de l’éolien : sa dépendance au vent. L’idée est de stocker une partie de l’électricité produite quand il y a du vent, et de la diffuser dans le réseau quand le vent tombe.

Xcel, qui avait présenté ce projet en avril dernier, a déjà investi 3,6 millions dans ce projet sur lequel il compte beaucoup pour atteindre son but de tirer 30% de son électricité des énergies renouvelables en 2020. Il a aussi reçu 1 million de  l’Etat du Minnesota et 750.000 dollars de la société d’efficacité énergétique GridPoint.

Ces batteries pourraient faire devenir bien plus rentables les champs éoliens, car le vent souffle souvent justement quand l’électricité n’est plus nécessaire – en pleine nuit.

Les analystes croient beaucoup à cette solution, et notent que la compagnie d’énergie classique American Electric Power Company, le plus gros opérateur américain de centrales à charbon, a commandé à NGK des batteries d’une capacité de 7 MW pour « lisser » sa production d’énergie.

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4 COMMENTS

  1. On peut installer des batteries très conséquentes mais rien ne remplacera une production éolienne aussi soutenue que possible, en particulier lorsque l’on place ces machines plus de 60 mètres au dessus du sol, là où, théoriquement, le vent ne devrait pratiquement jamais manquer.
    Evidemment, le probléme se situe au niveau de la mauvaise efficience de ces machines éoliennes capables d’utiliser vraiment que les vents compris entre 1 et 15 m/s (vitesses nominales) et au dessus, en écrêtant, jusqu’à 25 m/s.
    On peut y arriver en utilisant des hélices plus adaptées, multipales, alors que les précédentes sont à peu près copie conforme d’hélices d’avion n’ayant d’ailleurs plus cours, sauf pour petit appareils, et, étudiées pour vitesses de flux 10 fois supérieures.
    En optant pour une telle solution, il est possible d’utiliser les vents modérés, les plus fréquents, et de produire 3 à 4 fois plus (voire 5 fois), tout en abaissant la valeur de la puissance installée constituant plus un handicap qu’un avantage réel, sinon pour la frime.
    Vous pouvez en savoir plus en visitant notre site avec la rubrique « aérogénérateurs africains », et, ou, en me téléphonant au « 09 53 21 26 68, je suis toujours disposé à vous apporter toutes explications souhaitées et argumentaires en faveur des multipales optimisées, ces grandes méconnues.
    François Carré

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