Le Parlement européen maintient les quotas de CO2 payants et aide la capture du carbone

Print Friendly, PDF & Email

Sans changer de cap malgré la crise financière, le Parlement européen a adopté, mardi, l’essentiel d’un ambitieux programme de lutte contre les émissions de CO2, avec quelques assouplissements : les centrales d’électricité devront bien, à partir de 2013, payer intégralement leurs quotas d’émissions de CO2, et les industries fortement émettrices de carbone s’y mettre progressivement.

Aujourd’hui les centrales d’électricité ne paient que les tonnes de CO2 qui dépassent leurs quotas annuels, qui leur sont alloués gratuitement. Les autres secteurs industriels très polluants, soit quelque 10.000 entreprises en Europe, paieront en 2013 seulement 15% de leurs droits à polluer, les 85% continuant à leur être alloués gratuitement. C’est progressivement, d’ici à 2020, qu’ils paieront pour chaque tonne de CO2 relâchée dans l’atmosphère. Le crédit carbone (droit d’émettre d’une tonne de CO2) s’échangeait à 18,80 euros mardi sur la Bourse du carbone BlueNext, en hausse marlgré la crise boursière, sur un marché en plein essor que certains considèrent comme une valeur refuge et dopé par l’arrivée d’intervenants financiers.

L’association Eurofer, le lobby européen de l’acier, a tenté en vain d’empêcher le vote de ces mesures, évaluant leur coût à plusieurs milliards d’euros.

Le Parlement a aussi maintenu l’objectif de réduction de 20% des émissions européennes de CO2 en 2020. En outre, il a voté un budget de 10 milliards d’euros pour aider à la construction d’une douzaine de centrales équipées de systèmes de capture et stockage du carbone, une technologie émergente, applaudie par certains mais contestée par une partie des mouvements écologistes.

Les Etats membres étaient déjà tombés d’accord l’an dernier sur le principe de construire une douzaine de centrales équipées de systèmes de capture et stockage du carbone, mais ces projets étaient restés virtuels tant que les fonds n’avaient pas été alloués.

Le texte adopté mardi prévoit d’allouer à ces projets les revenus des crédits carbone que l’Europe vendra aux enchères à partir de 2013, et qui pourraient représenter environ 10 milliards d’euros.

Le texte, adopté par le comité environnement du Parlement européen, sera maintenant discuté par les 27 Etats membres, pour tenter de tomber d’accord sur une proposition commune lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre, avant le démarrage des nouvelles négociations internationales sur le climat l’an prochain, mais la crise financière risque de rendre ces discussions plus difficiles.