Forte inflation des fonds environnementaux en Europe

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Les fonds environnementaux fleurissent en Europe : Novethic vient d’en recenser 194 dans une nouvelle étude. Ils ont connu une brusque accélération en 2007, notamment en France sous l’effet du Grenelle de l’environnement. C’est d’ailleurs la France qui en compte aujourd’hui le plus grand nombre (40), devant l’Allemagne (35) et le Royaume-Uni (31). Avec la tempête financière, 2008 s’annonce en léger repli avec 35 fonds lancés sur les neuf premiers mois de l’année.


Les encours investis ont suivi la progression du nombre de fonds pour atteindre 25 milliards d’euros fin 2007. Les riches européens, selon une enquête récente d’Eurosif, mettent d’ailleurs de plus en plus d’argent dans ces fonds. Malgré tout, leur poids reste très relatif par rapport aux 7 380 milliards d’euros d’actifs totalisés par l’industrie de la gestion financière en Europe ! Et ce montant cache aussi une grande diversité : les fonds les plus gros dépassent 2 milliards d’euros (4 milliards d’euros pour le fonds Blackrock) alors que les plus récents ne dépassent pas quelques millions d’euros, au mieux. Sous l’effet de l’effondrement des marchés financiers, les fonds ont perdu en moyenne 24% de leur actif sur les neuf premiers mois de l’année.


La majorité de ces fonds sont investis dans des entreprises de plusieurs pays et de toute taille en termes de capitalisation. Novethic a répertorié sept catégories de fonds : les fonds environnementaux multi-approches (24% du panel), développement durable (20%), changement climatique (20%), secteurs environnementaux (14%), eau (11%), énergies renouvelables (9%) et enfin forestiers (2%). Mais les appellations officielles ne rendent pas forcément compte du champ d’investissement : ainsi 46% des fonds spécialisés dans les énergies renouvelables ont en fait un champ d’investissement beaucoup plus large, incluant les industries d’efficacité énergétique ou même la gestion des déchets ou de l’eau. A noter : les fonds eau et énergies renouvelables, s’ils ne sont pas très nombreux, ont un poids financier important puisqu’ils représentent à eux deux plus de la moitié des encours.


Sur l’ensemble des fonds, six sur dix n’ont pas recours aux pratiques traditionnelles de l’investissement socialement responsable (ISR), qui a du mal à décoller même si la crise financière actuelle pourrait, selon certains experts, lui être bénéfique. En France, par exemple, près des deux tiers des fonds environnementaux ne relèvent pas de l’ISR.

Accéder à l’intégralité du rapport ici.