Compensation carbone ? Un bon outil marketing !

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Quelques entreprises indiquent sur les emballages de leurs produits leur compensation carbone. Pour Jennifer Kaplan, associée au cabinet américain Greenhance, spécialisé dans le marketing vert, cette communication est un bon moyen de prouver son engagement en faveur du développement durable.

Synthèse de son analyse parue sur le site ecopreneurist.com

« Alors que les consommateurs sont de plus en plus blasés devant l’abondance des allégations sur l’environnement, les entreprises qui veulent communiquer sur leurs actions en matière de développement durable cherchent des moyens d’être audibles et crédibles. S’ils sont abordées avec prudence, les programmes de compensation carbone peuvent être un excellent moyen d’atteindre cet objectif.

L’industrie du tourisme a été parmi les premières à adopter le marketing de la neutralité carbone. Un site comme expedia.com donne la possibilité à ses clients de compenser les émissions de carbone de leurs vols. Dans le secteur de la location de véhicules, plusieurs loueurs (Alamo, Rent-A-Car…) proposent des options similaires. Mais dans ces exemples là, c’est le consommateur qui supporte le coût de la compensation.

La nouvelle génération inclut la compensation dans le produit lui-même, sans option d’adhésion et sans coût supplémentaire pour le consommateur. Cette approche est souvent expliquée par une communication sur le packaging du produit. On peut citer quelques exemples, comme Bloomsberry & Co qui a fait un partenariat avec le programme TerraPass pour créer le chocolat du « changement climatique », un chocolat qui inclut dans le prix de chaque barre, une compensation carbone.

Autre exemple, les vins Cono Sur. Ils sont vendus avec des étiquettes sur les bouteilles vantant leur programme de neutralité en carbone puisque les émissions de CO2 provoqués par la livraison par bateaux des vins (du Chili) ont été calculées et compensées. Le problème de cet exemple, c’est que l’on ne sait pas comment les émissions sont calculées et qui gère la compensation. Même si la démarche est une bonne idée, j’aimerais en savoir plus sur la manière dont ils agissent.

Ces sociétés utilisent les mécanismes de compensation pour positionner leurs produits comme durables, de manière intégrée et avec des bénéfices clairs aux yeux du consommateur. Ils n’impliquent pas les atouts de leurs produits, comme la qualité supérieure du chocolat ou du vin, dans le process. Et ils intègrent intelligemment le message sur la compensation avec le message sur le produit.

C’est là est un excellent moyen de communiquer sur les efforts des entreprises vers le développement durable. Bien sûr, il faut être clair et précis dans son argumentation  sur la compensation carbone. Cela donnera aux entreprises qui agissent ainsi les moyens de rester à part, et en tête, de la compétition ».

Accéder à l’intégralité de son analyse ici (en anglais)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 COMMENTS

  1. Avant de critiquer, vous faites quoi vous ???

    Sachez qu’une compensation carbone n’intervient qu’une fois un bilan effectué et surtout une campagne de réduction de ses émissions de CO2 !

    Je me doute que vous vous déplaciez en vélo ou à cheval non ?!?

    Il y a donc de la pollution « inévitable », que l’on peut donc compenser par des actions !

    Alors ?

  2. Tout à fait d’accord avec Bodson!
    Ca peut être une bonne idée bien sûr: compenser… mais encore faut-il avoir fait la démarche numéro 1: calculer et réduire.
    Toute volonté de « polluer moins » doit passer par une analyse de la situation. Comment pourrait-on compenser si on ne sait pas combien on émet? Puis, but premier du Bilan Carbone (c), il faut mettre en place un plan d’action visant à REDUIRE les émissions de l’entreprise.

    Je pense qu’après avoir fait ça, c’est une très bonne démarche environnementale ET marketing que d’essayer de compenser les émissions restantes, difficiles à réduire. Car n’oublions pas que le développement durable n’est pas qu’une histoire d’environnement. Il prend aussi en compte les aspects économiques et sociaux.

  3. Sans avoir une réaction aussi vigoureuse le probléme de ce marketing c’est qu’il n’est pas durable, malgré qu’il ne soit pas idiot :

    Il se contente de faire payer le consommateur pour une compensation carbone qui n’est qu’une mise à l’équilibre des émissions…mais quel est cette compensation????? Une compensation n’est effective que si une personne réduit ses émissions pour une qui continue de polluer…mais dans le cas de la plaquette de chocolat « changement climatique », que savons nous de ce qui est fait pour compenser le tranport? ¨Pas grand chose…y’t il un suivi? des évaluations de l’efficacité? Je doute que cela soit montré et expliqué clairement…

    La compensation au niveau des biens de consommation, pourquoi pas mais avec de la transparence des projets de réduction et sans oublier que compenser ne réduit pas d’avantage les émissions (car la réduction existe au préalable) mais ne fait participer au retour sur investissement qu’a fait l’entreprise pour mettre au point des technologies moins polluantes.

  4. La compensation est typiquement une fausse bonne idée. Révélatrice de la lâcheté de l’Occident : on refile nos patates chaudes aux autres. Et, c’est le plus important, qui ne diminue en aucune façon nos émissions de gaz à effet de serre. Or c’est bien là, l’enjeu numéro un : diminuer nos émissions, et planter un arbre n’a jamais fait baisser cela.

    Lâcheté car c’est facile de prendre l’avion, acheter une grosse voiture et puis : mais je compense tout va bien. Quel aveuglement !

    Que ne feraient pas les gens de marketing vous toujours vendre plus ? C’est du grand n’importe quoi qui nous emmène droit le mur (ça et d’autres choses bien sur).

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