Les start-up de l’eau ? Un pari judicieux

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expert canadienDes réserves en eau qui se réduisent alors que les besoins de la population mondiale augmentent : pour Paul O’Callaghan, président de la société de conseil en environnement canadienne 02 Environmental, des innovations sont indispensables pour mieux traiter et recycler les eaux usées sur la planète. C’est dans les start-up qu’il faut les chercher. Les investisseurs ne s’y trompent pas, de plus en plus nombreux à parier sur le business de l’eau.

 

Un résumé de son analyse parue sur le site américain Seeking Alpha :

“ Deux informations récentes montrent l’enjeu crucial du marché de l’eau : le deuxième réservoir le plus important de Californie est aujourd’hui à son plus bas niveau depuis trente ans. La semaine dernière, le directeur du département des ressources en eau de l’état, Lester Snow, indiquait que l’année prochaine « pourrait bien être marquée par la pire sécheresse dans l’histoire de la Californie ». Le gouverneur Arnold Schwarzenegger et la sénatrice Dianne Feinstein ont proposé un plan de 9,3 milliards de dollars pour des mesures permettant d’améliorer le système d’eau de la Californie. Autre pays, mêmes difficultés  : la Chine. A Pékin, à quelques mois des Jeux olympiques, Siemens Water Technologies a mis en place un vaste système de réutilisation de l’eau à l’usine de traitement des eaux usées de Beixiaohe. Objectif : traiter 90% des eaux usées et atteindre un taux de 50% pour le recyclage.

 

La gestion de l’eau dans les villes va devenir d’autant plus délicate que 2008 est l’année où la population de la planète est devenue plus urbaine que rurale. Avec plus d’habitants, les métropoles vont devoir répondre aux besoins croissants en eau. Or, si l’on connaît des alternatives aux énergies fossiles, on ne peut pas dire la même chose pour l’eau. Bien sûr, une certaine élasticité dans la demande est possible, jusqu’à un point. A un certain niveau, réduire l’utilisation de l’eau ne peut se faire sans impact sérieux sur notre vie. Ce problème de l’approvisionnement en eau représente donc un enjeu technologique majeur.

 

Cette innovation, on commence à la trouver dans des start-up. Les grands groupes s’intéressent à leurs avancées. Exemple : GE a acquis dès 2006 la société Zenon Environmental, spécialisée dans les membranes d’ultrafiltration, pour 700 millions de dollars. Un moyen d’externaliser sa recherche dans le domaine.

 

Des sociétés de capital risque, comme XPV Capital à Toronto au Canada, investissent dans des start-up de l’eau, faisant le pari qu’elles intéresseront très vite des géants de l’industrie de l’eau, comme le français Veolia ou l’allemand Siemens, alors que la rareté, le réchauffement climatique et les prix de l’énergie vont pousser la valeur de l’eau. Selon un rapport du Cleantech Group, le total des sommes investies dans les technologies de l’eau et des eaux usées aux Etats-Unis a d’ailleurs bondi de 436% entre 2006 et 2007…

 

Un autre indicateur atteste de l’intérêt pour le business de l’eau : l’indice ISE Water Index (HHO), qui suit 36 entreprises engagées dans la distribution de l’eau, la filtration et d’autres technologies bat des records depuis quelques mois. Il affiche une progression de 5% depuis le début de 2008, alors que les indices boursiers sont quasi tous en berne sur la période. Et depuis sa création en janvier 2006, cet indice a gagné plus de 36% ».

 

Accéder à l’intégralité de l’analyse ici (en anglais).

(Photo : DR)