Inde et Chine, eldorados pour les énergies renouvelables

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éoliennes en Chine Au premier semestre 2008, la Chine est devenue le quatrième pays le plus attractif pour les investissements dans les énergies renouvelables, selon la dernière édition du baromètre des énergies renouvelables du cabinet Ernst & Young. Et elle gagne une place dans l’indice énergie éolienne à long terme pour monter sur la troisième marche du podium, l’objectif de 5 GW en 2010 ayant déjà été atteint alors que celui de 30 GW en 2020 devrait être dépassé.

 Ce succès est lié à  la politique volontariste du gouvernement qui a fixé à 15% la part des énergies propres dans le pays en 2020. Déjà très présente dans l’énergie solaire, la Chine devrait également devenir exportatrice d’équipements (turbines, notamment) pour l’éolien dans les prochaines années.

Les trois premiers de l’indice général (voir tableau ci-dessous) sont les mêmes qu’au dernier trimestre 2007 : les Etats-Unis restent en tête, devant l’Allemagne et l’Inde (l’indice général des énergies renouvelables est une combinaison des indices éolien onshore et off shore (75%), solaire (10%) et biomasse et autres ressources (15%), établis par pays, une note sur 100 étant attribuée).

 

palmares indices

 

Aux Etats-Unis pourtant, aucun nouveau signal pour créer un cadre officiel favorable aux énergies renouvelables n’a été donné, mais un important lobbying a lieu pour que les avantages fiscaux et les investissements continuent en 2009. La principale difficulté étant de trouver des fonds pour financer de nouveaux crédits dans une situation budgétaire particulièrement délicate.

 

En Inde, pays très actif dans les greentech, le gouvernement a récemment annoncé de nouvelles mesures favorables aux énergies renouvelables : aides pour encourager le développement d’installations photovoltaïques, création de 60 « villes solaires » d’ici à 2012 avec des aides publiques… Les projets dans la biomasse sont également activement soutenus par le gouvernement qui estime que cette source d’énergie peut permettre de produire 18GW d’électricité. Dans ce contexte porteur, plusieurs investisseurs étrangers se sont manifestés récemment, notamment dans l’éolien : la société australienne Westwind et l’espagole Acciona veulent investir dans ce secteur, l’allemande Epuron Energy (filiale de Coenergy) va installer des fermes éoliennes d’une capacité de 550MW dans les trois à quatre prochaines années… Les fonds d’investissements sont également actifs, à l’image du First Reserve corporation, qui après avoir mis la main sur Gamesa Solar se tourne vers l’éolien avec un investissement dans la société Kenersys.

 

L’un des perdants de ce baromètre est le Royaume-Uni le gouvernement de Gordon Brown a pourtant annoncé des objectifs ambitieux en juin dernier, avec notamment un développement fort dans l’éolien offshore pour respecter les objectifs fixés par Bruxelles à l’échéance 2020 (20% d’énergies renouvelables dans la production d’énergie). Mais une longue consultation s’est ouverte, qui devrait durer deux ans environ, ce qui risque de ne pas permettre d’actions concrètes avant 2010.

 

Ernst & Young fait aussi le point sur les deals et introductions en Bourse, qui ont bien sûr souffert de la déprime sur les marchés financiers. En revanche, les performances boursières restent favorables pour les énergies renouvelables : l’indice Wilderhill Clean Energy (Nex) a augmenté de 17% entre mars 2007 et juin 2008, alors que le FTSE a perdu 11%. Selon les recherches du bureau londonien du cabinet de consultants, c’est surtout le secteur solaire qui tire son épingle du jeu avec un bond spectaculaire de 56%, alors que l’éolien a perdu 7% et la biomasse 34% sur la période (voir graphique ci-dessous).

 

  bourse

Accéder à l’intégralité du rapport ici (en anglais)

Lire l’article sur l’édition précédente du baromètre d’Ernst & Young sur les énergies renouvelables (4e trimestre 2007).

Et aussi: un avis d’experts selon qui Chine+green = le jackpot du siècle

 (Photo : champ d’éoliennes en Chine, DR)