Aux Etats-Unis, pas de crise pour les investissements dans les cleantech
Près de 1 milliard de dollars a été investi en capital-risque dans les sociétés des cleantech aux Etats-Unis au deuxième trimestre 2008. Ce chiffre établi un nouveau record avec un bond de 41% par rapport au premier trimestre, alors que l’ensemble des investissements en capital-risque ont baissé de 8%, selon un rapport d’Ernst & Young basé sur des données de Dow Jones VentureOne. Sur un an, la progression est encore plus spectaculaire : + 87%. Ce rapport complète une autre étude récente de PricewaterhouseCoopers, sur la même période, qui indiquait aussi une forte progression des investissements dans les cleantech avec des chiffres toutefois légèrement différents.
Plus de la moitié des 961,7 millions de dollars investis sont allés à des sociétés du secteur de l’énergie. Les trois deals les plus importants (plus de 100 millions de dollars chacun) concernent le solaire : SunEdison (dans le Maryland) a levé 131 millions, eSolar (Californie) 130 millions et BrightSource Energy, autre entreprise californienne, 115 millions.
L’efficacité énergétique est le deuxième secteur de prédilection, avec 20% du total des investissements, devant les carburants alternatifs. Les technologies d’efficacité énergétique offrent des retours sur investissements plus rapides et sont moins gourmandes en capitaux que les biocarburants par exemple, d’où leur succès.
Sur les 47 deals réalisés (un de plus qu’au premier trimestre), 39% concernent des opérations de refinancement. En 2007, une majorité de deals étaient concentrés sur de l’amorçage et de l’early stage. Ce qui semblerait indiquer que beaucoup de start-up sont proches du stade de la commercialisation.
La flambée du prix du pétrole et les perspectives de hausse de la demande mondiale en énergie dans les prochaines années restent les deux grands catalyseurs des investissements dans les cleantech. L’engagement des grands groupes stimule également l’activité. Ils sont de plus en plus présents dans les opérations aux côtés des capitaux-risqueurs. Selon une récente étude d’Ernst & Young auprès de 150 grandes entreprises, 77% ont intégré les cleantech dans leur organisation (système de production, supply chain…). Et 63% proposent des produits « verts ». Le pétrolier Shell a ainsi investi 1 milliard de dollars dans les technologies renouvelables au cours des cinq dernières années, l’une de ses dernières opérations concernant un partenariat pour le déploiement de l’éthanol cellulosique.
Les cleantech animent aussi l’activité des fusions-acquisitions aux Etats-Unis avec pas moins de 115 opérations dans le seul secteur des énergies renouvelables au premier semestre 2008. Enfin, trois introductions en bourse ont été réalisées au deuxième trimestre par des sociétés des cleantech pour 1,7 milliard de dollars selon Thomson Financial. La plus importante est celle d’American Water Works, une filiale de l’allemand RWE spécialisée dans l’eau et le traitement des eaux, qui a levé plus de 1,2 milliard de dollars en avril dernier. Et la tendance devrait se poursuivre : 7 sociétés des greentech préparent leur introduction en Bourse, dont l’une, Nobel Environmental Power, spécialisée dans l’éolien, espère lever quelque 375 millions de dollars.
(Photo : DR)
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