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Les étiquettes CO2 font un tabac

etiquettes CO285% des consommateurs britanniques veulent des informations sur les impacts environnementaux des produits qu’ils achètent, selon une étude de l’organisation britannique Forum for the future.

Les étiquettes CO2 sont plébiscitées, à condition de respecter un certain nombre de règles sur le fond et sur la forme.

Le moyen le plus efficace pour un consommateur de réduire son empreinte carbone, c’est encore de ne pas prendre sa voiture pour aller faire ses courses. Mais au-delà, les produits qu’il achète et utilise comptent pour 45% de ses émissions de carbone, en moyenne. Soit 5 tonnes par an et par personne et 300 millions de tonnes par an.

Donner des informations sur l’empreinte carbone sur les étiquettes est donc loin d’être négligeable. Mais les consommateurs ont des exigences fortes : ils veulent des informations simples, claires, avec des éléments de contexte et la possibilité d’établir des comparaisons, comme pour les calories dans les produits alimentaires.

Les étiquettes doivent aussi être attrayantes, facilement identifiables et surtout émaner d’une source fiable… Le rapport, qui s’appuie sur une étude auprès de 1000 consommateurs et des focus groupes, dresse une liste de recommandations pour les industriels et distributeurs : ne pas mettre des étiquettes sur tous les produits mais plutôt cibler ceux qui ont une forte empreinte carbone ou des impacts importants durant leur utilisation, donner des options pour que le consommateur puisse faire des choix (indiquer des alternatives)…

Attention aussi à la multiplication des labels qui polluent les messages : entre le label « commerce équitable » et l’étiquette CO2, le consommateur risque d’y perdre son latin et de se détourner du produit.

La méthodologie choisie pour élaborer le bilan CO2 reste complexe : prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du produit nécessite de nombreux calculs, sujets à caution. D’où la nécessité d’une expertise solide et reconnue pour une démarche crédible.

L’effet boomerang doit aussi être pris en compte : les deux -tiers des consommateurs britanniques estiment que les distributeurs devraient retirer des rayons les produits les plus dommageables à l’environnement…

Alors que le Parlement européen vient d’encourager les étiquettes CO2, les  expériences d’étiquettes carbone se multiplient actuellement dans tous les pays européens : au Royaume-Uni, où le distributeur Tesco a fait figure de pionnier, en Suède, avec notamment la chaîne de fast food Max. Toujours au Royaume-Uni, l’institut public Carbon Trust a rallié sous son label 9 grandes marques, dont Coca-Cola, Cadbury et Kimberly-Clark, qui adopteront sa méthode de calcul de l’empreinte carbone et discutent avec lui du meilleur moyen d’informer les consommateurs.

La France n’est pas en reste : les Centres Leclerc de Templeuve et Wattrelos, dans le Nord, proposent depuis avril une expérience d’affichage CO2 sur 20.000 produits alimentaires. Depuis le 11 juin,  Casino affiche aussi un Indice carbone avec un code-couleurs sur une première vague de produits alimentaire sous sa marque propre, tenant compte par exemple des trajets en camions de chaque produit . L’expérience doit être étendue à une centaine de produits d’ici à la fin de l’année puis aux 3.000 produits sous marque Casino.

Même le secteur bancaire s’y met : la Caisse d’Epargne vient de créer des étiquettes développement durable pour ses services, avec l’aide de l’Ademe.

En Suisse, le distributeur Migros étiquette depuis mars des produits  “approuvés au CO2″, en appliquant une norme de l’institut “Climatop élaborée avec  la fondation “Myclimate“ et le centre écologique Langenbruck.

Au Japon, le 20 juin, le brasseur Sapporo a annoncé qu’il indiquerait, l’an prochain, sur les canettes de bière de sa marque Black Label leur empreinte carbone, liées à leur processus de fabrication, devenant le premier brasseur à prendre cette initiative.

(Photo : DR)


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